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Les cinq graphiques qui plombent le bilan du redressement productif

A travers une série d'articles, francetv info se penche sur l'action de ce dispositif. Malgré les efforts d'Arnaud Montebourg et de ses commissaires en région, les défaillances d'entreprises se sont intensifiées depuis 2013.

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Arnaud Montebourg, le 22 avril 2014 à Brignais (Rhône-Alpes).  (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Il n'y a pas qu'Alstom qui occupe Arnaud Montebourg et son ministère du Redressement productif. En février 2014, 1 340 dossiers d'entreprises en difficulté ont été traités et 170 752 emplois sauvés, annonce le ministre sur son blog

Des chiffres trompeurs, car ils cachent des dizaines d'autres milliers d'emplois détruits, comme l’expliquait l'an dernier francetv info. Qu’en est-il réellement ? Eléments de réponse en cinq graphes.

Toujours plus de fermetures d'entreprises

Avec 63 101 dépôts de bilan, les défaillances d'entreprises continuent de progresser et frôlent le niveau record de 2009 (63 709), selon des chiffres de la société Altares.

Et la tendance n’est pas à l'amélioration, puisque au 1er trimestre 2014, elles sont en augmentation de 3,4% par rapport à 2013. Concrètement, 16 446 entreprises sont en cessation de paiements pour le premier trimestre, et 62 800 emplois sont menacés.

Les TPE continuent de trinquer 

Comme les années précédentes, la très grande majorité des entreprises défaillantes en 2013 sont des micro-entreprises sans salarié et des très petites entreprises (TPE), employant de 1 à 9 personnes. Elles sont directement touchées par la faible consommation des ménages (-1,2% au premier trimestre 2014), et de manière générale par la faible croissance.


En revanche, les petites et moyennes entreprises (PME) de 10 à 49 salariés et, surtout, celles de plus de 50 salariés se portent beaucoup mieux. Leurs défaillances n’ont jamais été aussi peu nombreuses depuis 2009. 

Des destructions d'emplois supérieures aux créations

Le bilan en termes d'emploi, lui, est noir. On a l'habitude de suivre la courbe du chômage, qui peine toujours à s'inverser, mais si on détaille les créations et les destructions d'emplois, on se rend compte que la France est à l'arrêt. Les premières diminuent, alors que les secondes ne cessent d'augmenter, selon une l'étude F/I/E-Kurt Salmon. Et contrairement à 2011, les créations d'emplois ne parviennent pas à compenser les destructions.

Mais attention, l’impact des mesures prises par le gouvernement en matière d’emploi et de formation (emplois d’avenir, contrat de génération…) et de développement économique (pacte de compétitivité) ne pourra être évalué qu'en 2015.

 Les services souffrent aussi

La fermeture du site PSA Aulnay (Seine-Saint-Denis), et les difficultés rencontrées par le groupe Doux, symbolisent un secteur industriel français en grande difficulté. Il représente la moitié des destructions d'emplois en 2013.

Mais ce n'est pas le seul secteur à trinquer : la part d'emplois détruits en 2013 dans les services augmente de 5 points, et devrait encore s'aggraver avec notamment les rachats entre leaders de la téléphonie.

A signaler deux tristes records : 8 500 commerces de détail et 5 700 restaurateurs ont déposé le bilan l'an dernier, victimes de la faible consommation des ménages.

Des disparités régionales

Toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne. Avec une hausse de 9,7% du nombre d'entreprises qui ont mis la clé sous la porte par rapport au début de l'année 2013, la tendance est lourde en Ile-de-France. L’Alsace est aussi dans le rouge et affiche la dégradation la plus forte de l’ensemble des régions avec une augmentation de 27,8 %.

En revanche des régions comme les Pays de Loire ou Midi-Pyrénnées sont dans le vert, portées par les commandes enregistrées par les Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, qui favorisent les emplois dans la sous-traitance, tout comme la filière aéronautique dans la région de Toulouse. En bleu sur cette carte, vous retrouvez les régions qui voient les défaillances d'entreprises rester stable par rapport à 2013. En vert, celles où les défaillances sont moins nombreuses.

 

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