Suicides à France Télécom : "Je n'y peux rien", déclare au tribunal l'ex-PDG Didier Lombard

Patron de France Télécom de 2005 à 2010, le prévenu a insisté sur le contexte économique.

L\'ex-PDG de France Télécom Didier Lombard arrive au tribunal de Paris, le 7 mai 2019.
L'ex-PDG de France Télécom Didier Lombard arrive au tribunal de Paris, le 7 mai 2019. (YOAN VALAT / EPA / AFP)

"Le problème était de ramener la maison dans un état normal", estime-t-il. L'ex-PDG de France Télécom Didier Lombard, jugé à Paris pour "harcèlement moral" dix ans après la vague de suicides dans l'entreprise, a rejeté mardi 7 mai toute responsabilité dans cette crise. "Que les transformations imposées à l'entreprise n'aient pas été agréables, c'est comme ça, je n'y peux rien. Si je n'avais pas été là, ça aurait été pareil, peut-être même pire", a déclaré au tribunal Didier Lombard. 

Patron de France Télécom de 2005 à 2010, il a insisté sur le contexte économique. L'entreprise était, selon lui, "en péril" en 2005, "à cause de son surendettement, de l'agressivité de la concurrence et des évolutions technologiques extrêmement rapides".

Un ex-salarié "écœuré"

Dans une lettre qu'il a lue au tribunal, l'ancien PDG a exprimé aux victimes et à leurs familles sa "sincère et profonde tristesse de ce que cette situation ait pu involontairement contribuer à fragiliser certains d'entre eux au point qu'ils accomplissent un geste irrémédiable". Cela lui "est insupportable".

"J'hallucine. Je suis écœuré", a réagi à la sortie de la salle d'audience Yves Minguy, un ex-salarié qui a traversé une grave dépression. "Donc le sauvetage d'une entreprise passe par des pertes de vies humaines et il n'y peut rien ? C'est sidérant. Il n'a pas changé."