SFR : la direction propose un plan de départs sans licenciements secs d'ici à 2019

Selon les syndicats, la direction table sur un plan de 5 000 départs volontaires qui ne comporterait pas de licenciements secs. 

Le logo du groupe SFR, le 22 février 2016. 
Le logo du groupe SFR, le 22 février 2016.  (JACKY NAEGELEN / REUTERS)

La direction de SFR propose aux organisations syndicales un plan de 5 000 départs volontaires qui ne comporterait pas de licenciements secs, d'ici à 2019. "La direction a accepté que, jusqu'en 2019, il n'y ait aucun licenciement sec, pas de plan social pur, tout est basé sur le volontariat", a déclaré, mardi 2 août, Abdelkader Choukrane, de l'Unsa, premier syndicat chez SFR, interrogé à la sortie d'une rencontre avec la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

"Sur les conditions de départ, c'est le dernier plan de départs qui a été négocié en 2012 qui va s'appliquer, l'entreprise nous l'a dit, ça représente entre deux et trois mois de salaire" par année d'ancienneté, a-t-il ajouté. Selon lui, la direction a "confirmé", lors d'une réunion de négociation lundi soir, "l'objectif de 5 000 salariés en moins", mais elle "est dans une logique d'essayer de trouver un accord".

"Ce qui est sur la table aujourd'hui, c'est de pouvoir détendre le calendrier, y compris en allant jusqu'à 2019 sans licenciements secs, donc c'est cette notion de plan de départs volontaires", a confirmé Isabel Lejeune-To, secrétaire nationale de la CFDT-F3C. Mais "ce n'est pas encore fait", a-t-elle prévenu. "Aujourd'hui, on n'est absolument pas sûrs que la négociation aboutira" et, "si le texte qui est sur la table n'est pas signé, la direction reprendra toute sa liberté", a-t-elle poursuivi.

"Un plan social déguisé"

Tout en confirmant l'engagement à ne pas faire de licenciements jusqu'en 2019, le représentant de la CGT-FAPT, Frédéric Retourney, a mis en doute les intentions de la direction : "Quand on nous dit 'pas de licenciements' alors que sur les 18 derniers mois, il y a eu 1 200 départs, alors comment on peut faire confiance ? On sait très bien que les méthodes de départs volontaires, c'est 'contraints et forcés' pour la majorité des salariés." "Quand on annonce 5 000 suppressions alors qu'il y a 14 300 salariés dans l'entreprise, je ne vois pas comment on peut parler de départs volontaires. On est bien dans un plan social déguisé", a-t-il ajouté.

Frédéric Retourney a annoncé que "les organisations syndicales [allaient] se rencontrer d'ici la fin de semaine pour organiser rapidement une journée d'action de l'ensemble des salariés du groupe, fin août ou début septembre." 

"Que SFR puisse redevenir un leader des télécoms"

Lors du rachat de SFR par Numericable en 2014, une garantie de maintien de l'emploi de trois ans avait été conclue. Elle prend fin le 1er juillet 2017. Patrick Drahi, qui a pris le contrôle de SFR, avait évoqué fin juin le "sureffectif" du groupe de télécoms. A l'issue d'un long entretien avec Myriam El Khomri, le patron de SFR, Michel Combes, reçu par la ministre après les représentants des syndicats, a affirmé à la presse avoir pu "rassurer" la ministre, mais s'est refusé à commenter les informations sur ce plan de départ volontaire.

Le dirigeant a répété que "bien entendu, tous les engagements pris lors de la reprise de SFR par Numericable seront tenus, tant en termes d'investissement que d'emploi ou en termes d'engagement auprès du tissu industriel français". Le PDG a rappelé en outre la priorité axée sur l'investissement "pour que SFR puisse redevenir ce leader des télécoms qu'elle a été pendant des années" et celle liée au "dialogue social à l'intérieur de l'entreprise".