Cet article date de plus d'un an.

Éducation : la prime pour les professeurs débutants "est une toute petite marche", estime le syndicat SNUipp-FSU

Jean-Michel Blanquer a notamment annoncé lundi que les professeurs débutants percevront une prime de 100 euros net par mois à partir de mai 2021. "Ce n'est pas vraiment une revalorisation", a estimé la porte-parole du syndicat car " on est sur une prime".

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Dans une classe de CP-CE1 de l'école primaire publique de Callac (photo d'illustration). (LIONEL LE SAUX / MAXPPP)

"C'est une toute petite marche pour la revalorisation des enseignants", mais "ce n'est pas vraiment une revalorisation dans le sens où on n'est pas sur de l'indiciaire, on est sur une prime", a réagi lundi 16 novembre sur franceinfo, Guislaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du SNUipp-FSU, après les mesures de revalorisation annoncées par Jean-Michel Blanquer, notamment 100 euros net par mois pour les enseignants, en début de carrière à partir de mai 2021. Cette prime "ne concerne qu'un tiers des enseignants, c'est-à-dire qu'on a 70% des enseignants qui ne seront pas concernés", regrette Guislaine David.

franceinfo : Vous avez entendu les annonces du ministre, comment les avez-vous accueillies ?

Guislaine David : C'est une toute petite marche pour la revalorisation des enseignants. Ce n'est pas vraiment une revalorisation dans le sens où on n'est pas sur de l'indiciaire, on est sur une prime. Et puis elle ne concerne qu'un tiers des enseignants, c'est-à-dire qu'on a environ 70% des enseignants qui ne seront pas concernés.

"Cela ne va pas résoudre cette année le déclassement salarial des enseignants, puisqu'on sait qu'au bout de 15 ans de carrière les enseignants français touchent 37% de salaire en moins que leurs homologues européens."

Guislaine David, SNUipp-FSU

à franceinfo

Ça peut être le début d'un rattrapage si derrière, il y a une véritable loi de programmation. Parce que si on programme 500 millions d'euros l'année prochaine, est-ce que c'est pour mettre en œuvre la même chose ? Il va falloir voir plus loin parce que tous les enseignants ont besoin de cette revalorisation.

Cela pose la question des garanties aujourd'hui. Vous n'en avez pas ?

Pour le moment, nous n'en avons pas, effectivement. Nous n'en avons que sur ce qui a été annoncé sur les débuts de carrière, sur les premiers échelons. Et puis la prime d'équipement qui entérine le fait que les enseignants sont obligés de payer pour travailler puisqu'ils fournissent leurs équipements informatiques. Donc ça aussi, c'est un début mais, il faut que cela soit plus concret. Enfin pour que les enseignants puissent reprendre confiance, il va falloir des mesures fortes. Il va falloir un engagement fort du gouvernement sur une loi de programmation pluriannuelle.

Au tout début de ces discussions, il était question de contreparties à ces revalorisations en termes de temps ou d'organisation du travail des enseignants. Il n'en est plus fait mention. Ces contreparties vont-elles revenir dans la discussion ?

Effectivement, au départ, on parlait beaucoup de contreparties. Aujourd'hui, le ministre n'en a pas parlé, mais il faut quand même être prudent dans le sens où il y a le Grenelle de l'Education qui se met œuvre. On sait que ça aboutira au mois de février sur un colloque qui permettra d'avancer sur le métier d'enseignant. Et on ne sait pas, à ce moment-là, quelles seront les contreparties qui seront données dans le Grenelle. On va être prudents parce qu'avec ce ministre, on a beaucoup de surprises. S'il n'y a pas de contreparties pour nous, ça sera un point d'appui pour continuer les discussions. Mais c'est une inquiétude des enseignants parce qu'on sait que la crise actuelle est difficile à gérer depuis le début, il ne faudrait pas qu'on fasse travailler plus nos enseignants qui travaillent déjà largement suffisamment.

Revenons à la prime, est-ce que vous voulez simplement que ces 100 euros de prime soient pour tout le monde, quelle que soit l'ancienneté ?

En tout cas, nous sommes très en-dessous de ce que les enseignants revendiquent et ce qu'ils souhaitent au vu du déclassement salarial. On en a beaucoup parlé au moment de la réforme des retraites l'année dernière. On sait que les professeurs des écoles sont très mal payés en France et qu'il faut revaloriser parce qu'il y a une question d'attractivité du métier. On a de moins en moins d'enseignants et de jeunes qui veulent le devenir. Le fait de mettre juste 100 euros sur le premier échelon ne sera pas suffisant si on veut vraiment attirer, après cinq ans d'études vers le métier d'enseignant. On démarre à 1 600 euros. On est bien en dessous de certains métiers où l'on recrute à cinq ans d'études.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Syndicats

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.