Retraites : "Retirer la réforme, ce n'est pas possible", affirme Aurore Bergé

Aurore Bergé, porte-parole de La République en marche, députée LREM des Yvelines, était l'invitée de franceinfo le 17 décembre 2019.

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

La mobilisation contre la réforme des retraites pourrait atteindre un sommet mardi 17 décembre dans la rue, à l'appel cette fois de tous les syndicats. Édouard Philippe les a invités mercredi à Matignon pour trouver le chemin d'une sortie de crise avant Noël. Mais Aurore Bergé a averti mardi 17 décembre sur franceinfo que "retirer la réforme, ce n'est pas possible". La porte-parole de La République en marche, députée LREM des Yvelines insiste : "Pour négocier, il faut des partenaires. Si négocier veut dire retirer la réforme, on ne peut pas avoir de négociations", a déclaré Aurore Bergé.

L'âge pivot, "pas une religion"

La grève à la SNCF risque de durer pendant les fêtes de Noël. "Ceux qui aujourd'hui font du chantage, pose un ultimatum en disant 'Si vous ne retirez pas la réforme les trains ne partiront pas' sont irresponsables et à mon avis ce n'est pas la bonne manière de faire", a insisté la députée LREM.

Sur l'âge pivot, le Premier ministre dit lui-même qu'il y a des possibilités d'évolution. Il n'a pas fait de l'âge pivot sa religion et moi non plus.

Aurore Bergé, porte-parole de La République en marche

à franceinfo

"Ce qu'on dit c'est que l'équilibre financier est important, martèle Aurore Bergé. À partir du moment où vous changez complètement le système des retraites vous ne pouvez pas dire aux Français qu'on ne sait pas comment on va le financer. Ce serait injuste", a expliqué Aurore Bergé. "Peut-être que ce dont on doit discuter c'est comment l'âge pivot pourra être mis en place." La porte-parole a reconnu "que c'est moins facile pour ceux qui ont commencé à travailler à 20 ans que pour ceux qui ont commencé à travailler à 22, 23 ou 24 ans."

La hausse des cotisations pas souhaitable

La hausse des cotisations pourrait-elle être une sortie de grève ? "Je ne le souhaite pas", a répondu Aurore Bergé. "On a pris un engagement devant les Français qui était qu'il n'y ait pas de baisse du pouvoir d'achat. Même si ce n'est pas de l'impôt, une cotisation sociale c'est de fait moins de pouvoir d'achat."  Par ailleurs, Aurore Bergé émet des doutes : "Si les partenaires sociaux veulent négocier sur l'augmentation des cotisations, je ne suis pas sûre qu'ils arrivent à se mettre d'accord, donc cela risquerait d'être une impasse."

Interrogée sur la possibilité que la décote soit temporaire car le Conseil d'orientation des retraites (COR) dit qu'à partir de 2040, il n'y a plus de problèmes de déficit, Aurore Bergé rétorque : "Pendant 15 ans, on dit aux Français qu'on ne sait pas comment financer leurs retraites. Est-ce qu'il serait responsable de dire 'Attendons 2025 quand la question se posera' ? C'est ce qu'ont fait les gouvernements précédents. Nous, on ne veut pas retarder l'échéance", a souligné Aurore Bergé.