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Réforme des retraites : "Elle oppose le droit aux études au droit à la retraite", dénoncent des étudiants mobilisés contre la mesure

Pour la première fois, les syndicats étudiants appellent à bloquer les universités pour protester contre la réforme des retraites. franceinfo a assisté à une distribution de tracts devant l'université Tolbiac à Paris. 

Article rédigé par Noémie Bonnin
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Des étudiants distribuent des tracts pour annoncer l'Assemblée générale contre la réforme des retraites à Tolbiac, annexe Paris-1 Panthéon-Sorbonne, le 6 février 2023.  (NOEMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

Les jeunes vont-ils venir grossir les cortèges des manifestations de mardi 7 février contre la réforme des retraites ? En plus des lycées, les organisations de jeunesse appellent à bloquer également les universités, c'est une première. À Rennes, Montpellier ou encore Aix-en-Provence et Toulouse, un peu partout en France des assemblées générales s'organisent sur les campus. À Paris, les étudiants de Tolbiac, Paris 1 Panthéon-Sorbonne ont voté lundi midi le blocage des locaux mardi. 

>> Témoignage : "Je me mobilise pour toutes les générations", racontent ces étudiants qui se mobilisent pour la première fois contre la réforme des retaites

Un petit groupe d'étudiants du syndicat l'Alternative, à distribuer des tracts à l'entrée de l'université. Anakin, 18 ans, en prend un : "Bien évidemment que je me sens concerné, lance-t-il, étant donné que je suis étudiant, que demain, je serai sur le marché du travail et qu'un jour, j'espère prendre ma retraite." Mais il y croit "de moins en moins" : "On a l'impression d'être de moins en moins écoutés en tant que jeunes", ajoute-t-il.  

Le blocage fait débat    


Cet étudiant en géographie, mobilisé depuis plusieurs années pour le climat a prévu de manifester, demain pour les retraites. Ce qui n'est pas le cas de Laura. "Ça ne m'intéresse pas forcément, mais c'est quand même pour l'avenir", glisse cette étudiante en première année d'histoire de l'art.

"Je veux travailler plus tard, donc ça peut être intéressant de savoir jusqu'à quand je vais travailler. Si je fais un métier qui m'épuise jusqu'à la fin, je n'ai pas envie de travailler jusqu'à la mort."

Laura, étudiante en première année d'histoire de l'art

à franceinfo

Elle et son amie Charlotte ne cautionnent pas, en revanche, le blocage de l'université parisienne comme moyen d'action : "J'entends que c'est pour agir, donner son avis, mais ce n'est pas la meilleure façon, estime Charlotte, parce que ça va empêcher d'autres personnes." Laura, elle, "préfère se concentrer sur ses études". 

Mobilisation plus importante attendue    

Quelques banderoles sont collées sur les murs. "Là, on décore la fac", décrit Antoine, étudiant en master de géographie. Il représente le syndicat l'Alternative. Il colle des affiches contre la réforme des retraites ou pour annoncer l'Assemblée générale "pour que les étudiants soient informés", mais aussi "pour qu'ils puissent sentir l'ambiance de lutte et de mobilisation à l'université". Selon lui, les étudiants se sentent "concernés" par cette réforme, car "elle oppose le droit aux études au droit à la retraite, assure-t-il, parce qu'aujourd'hui redoubler, se réorienter, faire une année de césure, ce sera pénalisé. Ça veut dire que vous partirez encore plus tard à la retraite". 

"On sait que le taux de chômage chez les aînés est assez élevé tout comme chez les jeunes et donc garder les plus anciens, ça va empêcher les jeunes de pouvoir trouver un travail."

Antoine, étudiant et représentant du syndicat l'Alternative

à franceinfo

Le militant compte sur une mobilisation en hausse des étudiants mardi. Dans son université, il a compté environ 600 personnes lundi midi à l'assemblée générale, contre 200 la semaine dernière et une centaine le 19 janvier.

Les étudiants appelés à bloquer les universités : le reportage de Noémie Bonnin

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