Réforme des retraites : "La majorité est déterminée à aller au bout", selon un député LREM

Mais "nous ne sommes pas aujourd'hui à quelques années près" pour l'application de cette réforme, a concédé lundi Laurent Saint-Martin, député de la majorité dans le Val-de-Marne.

Laurent Saint-Martin et Gilles le Gendre, patron des députés LREM, à l\'Assemblée nationale à Paris, le 13 décembre 2018.
Laurent Saint-Martin et Gilles le Gendre, patron des députés LREM, à l'Assemblée nationale à Paris, le 13 décembre 2018. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

"La majorité est déterminée à aller au bout de cette réforme systémique" des retraites, a assuré sur franceinfo lundi 9 décembre Laurent Saint-Martin, député La République en marche (LREM) du Val-de-Marne, membre de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Une réforme, a-t-il estimé, "plus juste, qui fait acquérir des nouveaux droits, notamment aux femmes ou personnes avec des carrières heurtées, et ça nous y tenons énormément".

franceinfo : Sur l'équilibre budgétaire, est-ce que vous êtes prêt à dire "on repousse de 10, 15 ou 20 ans pour certains, ou pour tout le monde" ?

Laurent Saint-Martin : Moi, ma conviction, c'est que ça n'a jamais été une réforme budgétaire. Cela a toujours été une réforme d'abord de système, qui est difficile à mettre en œuvre. Il faut justement embarquer un certain nombre de partenaires intermédiaires avec nous dans cette aventure.

Donc, s'il faut atteindre l'équilibre financier, et je tiens beaucoup à ce qu'il y ait l'équilibre financier dans la présentation du projet de loi, avec une ou deux années de décalage, est-ce que pour certaines professions, ce sera, pas la génération de 1963, mais celle de 1973 qui sera la première bénéficiaire ? Tout cela est encore aujourd'hui en cours de concertation et de négociation et va être présenté aux partenaires sociaux.

C'est-à-dire qu'on n'est pas à 10 ou 15 ans après pour faire passer cette réforme ?

Sur une réforme d'une telle importance, qui va changer un système qui a plus de 70 ans, je crois effectivement que nous ne sommes pas aujourd'hui à quelques années près pour assurer à la fois l'équilibre financier et la pérennité d'un système. Rappelons quand même que ce que nous faisons, c'est sauver le système par répartition publique obligatoire des retraites. Je crois que l'on n'est pas à quelques années face à un tel enjeu.

Ce n'est pas une réforme budgétaire, dites-vous. Cela veut dire que vous renoncez aussi aux mesures d'économies et aux mesures d'allongement de cotisation ?

Les mesures d'allongement de cotisations ne veulent pas dire grand-chose dans le nouveau système, puisqu'il n'y a plus la notion de durée de cotisation.

Il y a toujours la notion d'âge pivot, est-ce que ça, ça pourrait être enterré ?

Il y aura toujours un âge d'équilibre sur lequel, au-dessus et en dessous, vous aurez une sorte de bonus et de malus, ça c'est évident, c'est intrinsèque à ce nouveau système. En revanche, la durée de cotisation ne fait plus foi dans ce nouveau système. Est-ce que ça sera des mesures d'économies ? Cette réforme n'est pas une réforme d'économies budgétaires.

Il y a eu un débat d'ailleurs très médiatisé autour de cela : qui est gagnant, qui est perdant et est-ce que l'État va en profiter pour réduire sa dette par rapport à cette réforme ? La réponse est non. Nos engagements, c'est que cette réforme soit plus juste, que ceux qui aujourd'hui ont une pension n'aient pas une pension diminuée demain. Si ça doit passer par une mesure paramétrique budgétaire, l'État les assumera. Mais ce n'est pas une réforme budgétaire pour diminuer la dépense publique de l'État, ça n'a jamais été le cas.

Il y aura une revalorisation du traitement des professeurs aussi, des enseignants chercheurs, de ceux du supérieur pour que, justement, la pension ne baisse pas. On parle quand même d'augmentation de budget à hauteur de 400 millions d'euros par an.

Gérald Darmanin a donné le chiffre de 400 millions d'euros par an. Les syndicats enseignants ont eu vite fait de le rapporter au nombre d'enseignants. En France, ça fait, d'après leurs calculs que nous avons vérifiés, 30 euros net par mois...

Mais il y aura plusieurs marges annuelles. Vous savez, quand vous augmentez le point d'indice des fonctionnaires et particulièrement pour les enseignants, cela peut paraître très peu pour chacun, mais énormément pour la collectivité. Forcément, c'est le premier employeur de France, l'Éducation nationale. Donc, revaloriser le traitement des professeurs de 400 millions d'euros par an, c'est un effort pour la collectivité qui est considérable. Mais c'est un effort nécessaire et que nous ferons parce que nous ne voulons pas, évidemment, que le traitement des enseignants puisse aujourd'hui faire pâtir leurs pensions de demain.