Réforme des retraites : "Ce qui est injuste, c'est qu'on a trop de salariés qui subissent des interruptions de carrière", déplore le secrétaire général de FO

La ministre du Travail a expliqué dimanche que "la crise n'avait pas du tout invalidé l'intérêt d'une réforme" des retraites.

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Le secrétaire général de Force ouvrière Yves Veyrier. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Ce qui est injuste, c'est qu'on a trop de salariés qui subissent des interruptions de carrière", regrette dimanche 30 mai sur franceinfo Yves Veyrier, le secrétaire général de FO. La ministre du Travail Elisabeth Borne a expliqué dans l'émission "Questions politiques" que "la crise n'avait pas du tout invalidé l'intérêt d'une réforme". Selon Yves Veyrier, "on ne peut pas gouverner en mettant en cause, en stigmatisant les salariés et leurs droits en matière d'assurance chômage et de retraites".

francienfo : Gabriel Attal porte-parole du gouvernement, avait assuré que la réforme des retraites restait sur la table, mais n'était pas en haut de la pile. C'est à peu près ce que dit Elisabeth Borne. C'est un motif d'espoir pour vous de voir cette réforme abandonnée ?

Sur ce point-là, elle a raison. Je pense qu'effectivement, elle rappelle une position de principe. Elle a raison sur un point qui est qu'aujourd'hui, on est à des niveaux record de chômage. Les jeunes ont du mal à trouver un emploi. Ce qui est injuste, d'ailleurs, ce n'est pas le système de retraite. Ce qui est injuste, c'est qu'on a trop de salariés qui subissent des interruptions de carrière, des contrats courts ou des contrats très courts. Et à ce titre, je trouve absolument injuste la réforme de l'assurance chômage qui va pénaliser justement ces salariés précaires. Donc, ils vont avoir une double peine. Si cette réforme voyait le jour, j'espère que non.

Qu'allez-vous faire ?

On va essayer de l'empêcher. On a déposé notre recours au Conseil d'État et j'espère bien qu'on va empêcher cette réforme qui serait injuste pour les demandeurs d'emploi les plus précaires. C'est cela qu'il faut corriger. C'est cela qu'il faut rendre juste. Il faut que chacun, chaque jeune puisse avoir un emploi pérenne à temps plein.

Ces réformes des retraites et de l'assurance chômage ont été mises sur pause au moment du premier confinement. Est-ce que vous pensez que ces réformes vont réellement être menées par l'exécutif d'ici à la présidentielle ?

Je crois qu'il y a une position qui est une forme de marqueur en perspective de la campagne présidentielle. Et là, j'alerte car les cinq confédérations, bien que n'ayons pas exactement les mêmes positions sur ce projet, ont écrit conjointement au mois d'octobre dernier au Premier ministre avec copie au président de la République pour dire qu'il ne fallait pas que le sujet des retraites revienne à l'ordre du jour.

Les mêmes cinq confédérations s'opposent à la réforme de l'assurance chômage. Faire de ces réformes un marqueur de la présidentielle, je pense que l'obstination n'est pas bonne conseillère. On ne peut pas gouverner, mener campagne en mettant en cause, en stigmatisant les salariés et leurs droits en matière d'assurance chômage et de retraites.

Quels sont vos combats prioritaires aujourd'hui ?

Le combat prioritaire c'est défendre l'emploi, interdire les licenciements partout où il y a aides publiques. Il faut interdire les versements de dividendes partout où il y a aides publiques. Je pense que la question de l'augmentation des salaires doit être au cœur du plan de relance et en particulier à commencer par une reconsidération, une valorisation d'ensemble, justement, des emplois. On a parlé des deuxièmes lignes, mais de tous les emplois à bas salaires, des emplois précaires. Je pense que le plan de relance doit mettre en son cœur une revalorisation d'ensemble de ces emplois et les salaires en font partie.

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