Mobilisation des retraités : "Nous sommes des citoyens comme les autres"

Pierre Erbs, président de la Confédération française des retraités, a expliqué, jeudi sur franceinfo, avoir adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour demander des mesures compensatoires à la hausse de la CSG au 1er janvier dernier.

Une pancarte de manifestants lors d\'un rassemblement de retraités à Nancy (Meurthe-et-Moselle), le 30 janvier 2018.
Une pancarte de manifestants lors d'un rassemblement de retraités à Nancy (Meurthe-et-Moselle), le 30 janvier 2018. (MAXPPP)

Jeudi 14 juin, les retraités vont se mobiliser pour la troisième fois depuis l'élection d'Emmanuel Macron à l'appel de neuf organisations syndicales pour dénoncer la hausse de la CSG qui touche 60% des retraités, soit 7,5 millions de personnes. "Les retraités sont des citoyens comme les autres", a lancé, jeudi 14 juin sur franceinfo, Pierre Erbs. Le président de la Confédération française des retraités a même adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron pour demander des mesures compensatoires à la hausse de la CSG au 1er janvier dernier.

franceinfo : La hausse de la CSG est-elle toujours le point de crispation majeure ?

Pierre Erbs : C'est un point de crispation, parce que cette hausse de CSG s'applique aux retraités sans qu'ils obtiennent les compensations que les actifs ont pu obtenir. Nous, Confédération française des retraités, avons considéré qu'il était normal d'appliquer la hausse de la CSG aux retraités, puisqu'ils sont des citoyens comme les autres, mais pour cette même raison, ils doivent être traités de la même façon que tout le monde. Nous réclamons donc l'équité au moins sur deux points sur les cotisations d'assurance maladie : nous sommes les seuls à continuer à payer des cotisations d'assurance maladie sur nos retraites complémentaires et nous sommes quasiment les seuls à ne pas pouvoir déduire nos cotisations de complémentaires santé de nos revenus.

Dans une tribune que vous signez, vous dites avoir assez mal pris le "merci" adressé par Emmanuel Macron aux retraités, lors d'une interview sur TF1 en avril.

Tout à fait. Ce "merci" nous a semblé ne pas être un véritable remerciement, mais plutôt une espèce de : "On arrête de discuter. La chose est entendue. Au revoir." C'est contre cela que nous nous élevons. Nous avons écrit deux fois à M. Macron. M. Macron nous a renvoyés sur M. Darmanin. Et jamais nous n'avons pu engager un dialogue avec les pouvoirs publics. Tout ceci se situe dans un contexte d'érosion du pouvoir d'achat des retraités qui ont été victimes d'un certain nombre de modifications des dispositions fiscales qui leur étaient applicables et les retraites sont gelées.

Le gouvernement a lancé, fin mai, une concertation citoyenne sur la réforme des retraites. Souhaitez-vous y être associés ?

Oui, tout à fait. Le régime universel est une idée pour laquelle nous militons depuis dix ans. Nous avons été heureux d'apprendre que l'on mettait en place un haut-commissaire à la réforme des retraites et nous avons déjà eu des contacts avec M. Delevoye, nous allons travailler effectivement avec lui. Nous avons des propositions très concrètes à faire, puisque l'on est bien d'accord sur le principe général. Après, il va falloir travailler sur la mise en œuvre de ce principe.