Consultation sur la réforme des retraites : ce qui est déjà tranché, et ce qui ne l'est pas encore

Le gouvernement lance jeudi 31 mai une consultation publique sur la réforme des retraites, sur internet et dans des ateliers participatifs. franceinfo fait le point sur les points déjà actés et ceui qui restent ouverts au débat.

Des personnes âgées en train de faire du shopping à Vincennes, le 19 février 2018.
Des personnes âgées en train de faire du shopping à Vincennes, le 19 février 2018. (GERARD JULIEN / AFP)

Le gouvernement lance jeudi 31 mai une consultation publique sur la réforme des retraites. Sur internet ou dans des "ateliers participatifs", chacun pourra donc donner son avis sur le futur "système universel" voulu par le président de la République.

C'est une réforme à haut risque, promise par Emmanuel Macron. Le but est d'unifier tous les régimes de retraites pour bâtir un système de retraite universel et plus équitable. A partir de jeudi, vous pouvez donc formuler vos idées pour la réforme sur le site participez.reforme-retraite.gouv.fr

Un système à points plutôt que 42 régimes différents

Il y a déjà quelques pistes très concrètes alors que la consultation est à peine lancée. Le gouvernement parle clairement d'un système de retraites par point. Chaque euro cotisé donnera les mêmes droits à tous, peu importe le statut de celui qui a cotisé. La retraite sera calculée en fonction de ces cotisations. Le but est d'en finir avec les 42 régimes de retraite qui existent aujourd'hui, comme celui des cheminots, des fonctionnaires ou encore des danseurs de l'Opéra de Paris.

Un fonctionnaire et un salarié du privé qui ont passé leur vie au même salaire auront donc la même retraite, alors qu'aujourd'hui la retraite des fonctionnaires est calculée sur le salaire des six derniers mois. Il y aura pour cela un compte individuel de droits à la retraite.

Une retraite universelle mais des spécificités

La retraite doit être la même pour tous mais il y aura quand même des régimes avec des spécificités même s'il ne s'agira plus de régimes spéciaux, pour les militaires par exemple ou pour les indépendants. Pour le Haut commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye, le pas qui reste à faire pour réformer les régimes spéciaux est abordable, certains en effet ont déjà été réformés.

Tout peut changer... sauf l'âge légal

Beaucoup de questions restent à aborder et tout va être remis à plat. Par exemple, aujourd'hui les femmes qui ont eu des enfants ont droit à des trimestres en moins. Demain ce sera très différent : s'il y a des compensations, elles pourraient être financées par les impôts et non pas par le régime de retraites.

Il y a donc de gros changements à venir. En revanche, l'âge de départ en retraite à 62 ans devrait être conservé. Emmanuel Macron l'avait dit, il ne touchera pas à l'âge légal.

Un calendrier déjà arrêté 

Il y a d'abord une consultation citoyenne, lancée jeudi 31 mai sur internet, avec des questions très vastes et extrêmement techniques. Quel système de retraites pour tous les actifs avec quelle solidarité ? Quelle prise en compte des enfants dans le calcul des pensions ? Comment corriger les inégalités hommes-femmes ? Vous avez jusqu'au 25 octobre pour rendre votre copie.

Sur la même période, des ateliers de discussions sont organisés dans différentes villes de France et le groupe politique En Marche organise même des formations sur le sujet, un "microlearning", pour permettre aux citoyens d'acquérir de façon ludique 50 notions de base sur notre système de retraite.

En parallèle, 120 réunions sont prévues avec les syndicats d'ici le mois de décembre. La réforme doit être aboutie début 2019 pour être votée pendant l'été.