Les pistes de la gauche pour réformer les retraites

Toucher à la durée de cotisation, à leur montant, supprimer les régimes spéciaux... voici ce qu'envisage la majorité pour sauver le système.

Des retraités participent à des épreuves du baccalauréat, le 13 juin 2012 à Orléans.
Des retraités participent à des épreuves du baccalauréat, le 13 juin 2012 à Orléans. (ALAIN JOCARD / AFP)

Une commission chargée de réfléchir d'ici au mois de juin à l'élaboration d'une nouvelle réforme du système de retraites a été mise en place mercredi 27 février. Lancée par le Premier ministre, cette commission "pour l'avenir des retraites" est chargée de proposer des "scénarios" de réforme pour préparer la concertation qui suivra avec les partenaires sociaux.

Dans deux rapports rendus publics en décembre et en janvier, le Conseil d'orientation des retraites (COR) a souligné les insuffisances de la réforme de 2010. Si aucune nouvelle mesure n'est prise pour redresser le système par répartition, celui-ci verra son déficit passer de 14 milliards d'euros en 2011 à 21,3 milliards en 2017, estime l'institution. Dans le meilleur des cas, si rien ne bouge, le COR n'envisage pas un équilibre de l'assurance-vieillesse avant le début des années 2040. En attendant les conclusions de la nouvelle entité, voici les différentes pistes envisagées par la majorité.

Augmenter la durée de cotisation 

L'âge du départ à la retraite va-t-il de nouveau reculer ? La question n'est plus tabou à gauche. Appartenant à l'aile gauche du PS, le député des Landes, Henri Emmanuelli a mis les pieds dans le plat mardi : "La biologie fait qu'il faut quand même se poser la question de la durée de cotisation." 

"L’allongement de la durée de vie est une réalité", constate également Pascal Terrasse, député PS de l’Ardèche et ancien conseiller de François Hollande pendant la campagne présidentielle. Secrétaire national du PS en charge de la protection sociale, le député, qui siège au conseil de surveillance de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse, explique jeudi au Parisien (article payant) : "Pour certaines catégories, les années passées à la retraite atteignent les quarante ans et dépassent celles passées à l’école et celles à produire des richesses. Inévitablement, nous devons en tenir compte."

Désindexer les pensions de l'inflation

Actuellement, les pensions de retraite sont indexées sur l'inflation. La fin de cette indexation est sérieusement étudiée par le gouvernement. Un gel des pensions en 2013 pourrait permettre d'économiser entre 1 et 1,5 milliard d'euros par an, selon l'Agirc et de l'Arrco, deux régimes de retraite complémentaire, cités par Capital.fr.

Toutefois, Pascal Terrasse nuance : "L'augmentation [des pensions] ne serait plus indexée sur l’inflation comme aujourd’hui. On ne gèle pas la hausse des pensions, mais on la modère autour, par exemple, de 0,8 à 1%." Le député PS précise également que cette hypothèse ne concernerait pas tout le monde : "La désindexation ne doit pas porter sur les petites retraites. On ne peut pas imaginer qu’une petite pension à moins de 1 500 euros par mois soit concernée. En revanche, celles qui dépassent ce montant devront faire cet effort."

Elever les cotisations salariales et patronales

Autre moyen de faire rentrer de l'argent dans les caisses : élever les cotisations salariales et patronales. Quelle forme prendrait cette hausse ? "L’augmentation pour les salariés devra être la plus limitée possible, celle sur les entreprises plus importante", estime Pascal Terrasse.

Supprimer les régimes spéciaux 

Mettre fin aux régimes spéciaux de retraite, dont bénéficient certaines grandes entreprises publiques comme la SNCF ou la RATP et des branches comme l'industrie électrique et gazière (EDF, GDF-Suez...), est une autre piste envisagée par la majorité. Toutefois, "ceux qui bénéficient d’un régime dérogatoire doivent pouvoir le conserver", indique Pascal Terrasse, qui précise : "Pour les nouveaux entrants en revanche, la question de leur intégration dans le régime général doit être posée."