Déplacement d'Emmanuel Macron dans le Loir-et-Cher : l'arrêté de la préfecture suspendu

Le tribunal administratif d'Orléans a donné raison à plusieurs associations contre l'arrêté du préfet du Loir-et-Cher instaurant un "périmètre de protection" à Vendôme. Le préfet avait interdit les "cortèges, défilés et rassemblements" et les "dispositifs sonores amplificateurs de son" pour préserver la visite du président Macron.
Article rédigé par France Info
Radio France
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Rencontre du président Macron avec des professionnels de santé le 25 avril à Vendôme alors que des manifestants sont maintenus à l'écart en raison d'un arrêté préfectoral, finalement annulé par la justice administrative (GONZALO FUENTES / POOL)

L'arrêté du préfet du Loir-et-Cher instaurant un "périmètre de protection" à Vendôme, où Emmanuel Macron est en déplacement mardi 25 avril, a été suspendu par le tribunal administratif d'Orléans, après un référé-liberté déposé par plusieurs associations.

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Dans une décision que franceinfo a pu consulter, le tribunal administratif estime "qu'un périmètre de protection ne peut être institué par le préfet (...) qu’aux fins d’assurer la sécurité d’un lieu ou d’un événement exposé à un risque d’actes de terrorisme à raison de sa nature et de l’ampleur de sa fréquentation. En l’absence de circonstances particulières, un déplacement du président de la République ne saurait être regardé comme justifiant à lui seul, par sa nature, l’instauration d’un périmètre de sécurité".

De plus, même si plusieurs manifestations contre la réforme des retraites "ont donné lieu à des violences et dégradations de la part de casseurs", cela ne suffit pas selon le tribunal "à caractériser l'existence d'un risque d'actes de terrorisme."

Enfin, pour appuyer le risque terroriste, le préfet a, entre autres, mis en évidence l'un des commentaires laissés sur le site d'un quotidien régional qui annonçait la venue d'Emmanuel Macron : "Heu ! armurier de Vendôme dévalisé aussi". Le tribunal estime "qu'aucun élément ne permet de penser que ce commentaire révèlerait autre chose qu'un sens douteux de l'humour".

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"Nous sommes très satisfaits que le juge ait pu jouer son rôle et mettre fin à cette volonté ridicule du gouvernement d’interdire les casseroles sous n’importe quel prétexte dans les manifestations, et notamment en les associant à des actes terroristes", réagit l'une de ces associations, l'association de défense des libertés constitutionnelles (Adelico).

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L'arrêté pris par le préfet interdisait l'usage "des dispositifs sonores amplificateurs de son" et tout "rassemblement festif" dans la ville, alors que le président et ses ministres sont régulièrement accueillis par des "casserolades" depuis la semaine dernière. Il prévoyait aussi un filtrage systématique et "des contrôles d'identité, des palpages, une fouille des bagages", "aux fins de prévention d'un acte terroriste".

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