Retraites : Jean-Marc Ayrault s'attaque à une nouvelle réforme

Les organisations syndicales et patronales sont reçues une à une par le Premier ministre aujourd'hui.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et le président de la République, François Hollande, le 7 mars 2013 à Paris.
Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et le président de la République, François Hollande, le 7 mars 2013 à Paris. (GUIBBAUD / POOL / SIPA)

Top départ pour la nouvelle réforme des retraites. Moins de trois ans après celle menée par le gouvernement de François Fillon, c'est aujourd'hui à Jean-Marc Ayrault de devoir s'attaquer à cet épineux dossier. Lundi 13 mai, le Premier ministre reçoit à Matignon les organisations syndicales et patronales – chacune séparément –, pour préparer la conférence sociale des 20 et 21 juin, qui abordera notamment la question des retraites.

Francetv info revient sur les quatre choses à savoir sur cette réforme de tous les dangers pour un exécutif de plus en plus impopulaire.

1La durée des discussions sera plus courte que prévu

"Début juin, les premières pistes de réformes devraient être dévoilées avec la remise des propositions de la commission Moreau sur l'avenir des retraites", détaille Le Figaro. A l'issue des consultations des 20 et 21 juin, la concertation devrait durer environ un mois. Selon Les Echos, elle devrait s'achever avant la fin juillet, pour permettre d'établir un projet de loi avant les vacances du mois d'août. Le texte pourrait alors être présenté au Parlement dès le mois de septembre.

D'après Europe 1, ce coup d'accélérateur a été donné par Bruxelles. En octroyant deux années supplémentaires à la France pour atteindre les 3% de déficit, la commission européenne exige en contrepartie des réformes fortes, explique la radio. "Et l'Elysée veut convaincre de sa bonne volonté."

2Le ton va monter sur l'allongement de la durée de cotisation

C'est le point qui fait le plus réagir les acteurs syndicaux. Europe 1 affirme que, sans toucher à l'âge légal de départ, l'exécutif envisage d'allonger la durée de cotisation : "L'Elysée souhaite pousser le curseur assez loin, à 44 annuités contre 41 annuités et demie aujourd'hui."

Or, fin mars, la CFDT a prévenu qu'"on ne peut pas aller beaucoup au-delà de 42 ans". Force ouvrière milite quant à lui pour le retour à 40 annuités. Les discussions risquent donc d'être animées. Thierry Lepaon, le nouveau patron de la CGT, envisage une "mobilisation d'ampleur" si jamais la durée de cotisation était allongée, a-t-il assuré dimanche lors du "Grand rendez-vous" Europe 1/i-Télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France. 

3Les pensions de retraite pourraient être gelées

C'est le point qui fait le plus réagir à droite. La réévaluation annuelle des pensions en fonction de la hausse des prix pourrait être supprimée, indique Europe 1. En février, Pascal Terrasse, député PS de l’Ardèche et secrétaire national du PS chargé de la protection sociale, avait expliqué au Parisien que cette mesure épargnerait les plus petites retraites. Pour les autres, "on ne gèle pas la hausse des pensions, mais on la modère autour, par exemple, de 0,8 à 1%", avait-il nuancé.

Interrogé sur ce point lundi matin, Xavier Bertrand, ancien ministre du Travail et rapporteur de la réforme de 2010, a jugé cette mesure "hypocrite" : "Le gouvernement va dire hyprocritement : 'mais nous ne baissons pas les pensions de retraite, seulement, elles n'augmenteront pas en fonction de l'inflation', a-t-il commenté sur Europe 1. C'est une honte de prendre ce type de mesures."

Europe1

4Les retraités paieraient la même CSG que les actifs

Enfin, Europe 1 croit savoir que la CSG des retraités pourrait être alignée sur celle des actifs, et donc être relevée de 6,6% à 7,5%.

Couplée avec la fin de l'indexation des pensions sur l'inflation, cette mesure pourrait faire perdre "entre 140 et 250 euros par an" aux retraités, a calculé Le Figaro.fr.