Vidéo Déficits publics : "Il faudra faire des efforts de maîtrise de la dépense à partir de 2023", estime Pierre Moscovici

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"Les années 2021 et 2022 doivent être consacrées avant tout à la sortie de crise, à la musculation de notre croissance et le débranchage progressif des mesures d'urgence", a conseillé sur franceinfo le premier président de la Cour des comptes.

"Il faudra faire des efforts de maîtrise de la dépense et donc de réduction des déficits à partir de 2023, sur une trajectoire qui sera à définir en fonction de la croissance", a déclaré mercredi 16 juin sur franceinfo Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes. Il a remis mardi un rapport que lui avait commandé le président de la République au sujet de la relance de l'économie française.

"La Cour des comptes ne dresse pas le drapeau rouge et ne préconise pas l'austérité", insiste pierre Moscovici. "Les années 2021 et 2022 doivent être consacrées avant tout à la sortie de crise, à la musculation de notre croissance et le débranchage progressif des mesures d'urgence. Il vaut mieux sortir trop tard des mesures d'urgence que sortir trop tôt", explique l'ancien ministre de l'Economie.

"L'objectif est qu'à partir de 2027, la courbe de la dette française s'inverse de manière sérieuse. Nos voisins, nos partenaires, l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, le font. Nous ne devons pas rester à la traîne."

Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes

à franceinfo

"La dette française est très, très élevée, mais elle est aujourd'hui finançable", affirme Pierre Moscovici. Elle est finançable notamment "parce que la signature française est bonne, nous sommes une économie aux reins solides" et "parce que les taux d'intérêt sont très bas, du fait de la politique de la Banque centrale européenne". Mais le président de la Cour des comptes prévient que cette politique doit durer jusqu'en 2023 et qu'il faut être "vigilant" pour la suite. Si le taux d'intérêt "se retourne, à ce moment-là, le fait d'avoir des niveaux de dette élevés peut induire une charge de dette qui augmente considérablement."

La France "médiocre dans l'anticipation"

Pour résumer l'action de la France par rapport à la crise liée au Covid-19, Pierre Moscovici déclare : "Nous sommes très bons dans la réaction, nous nous sommes vraiment bien mobilisés, mais nous avons été médiocres dans l'anticipation, nous devons être capables d'anticiper les risques futurs". Pour lui la priorité doit être d'augmenter la croissance car "plus nous aurons de croissance, moins nous aurons d'efforts à faire de maîtrise de la dépense."

Alerte-t-il toujours sur le risque d'un ras-le-bol fiscal en France comme il le disait lorsqu'il était ministre de l'Economie ? "J'ai des convictions là-dessus qui sont assez têtues", répond-il. "Disons qu'on a des prélèvements qui sont très élevés 45%, et je pense que l'acceptabilité des impôts reste assez limitée". Pierre Moscovici assure que "la réponse fiscale n'est pas la réponse essentielle aux grands défis de l'économie française". D'après lui, on peut toujours utiliser cet outil, mais "il faut l'utiliser avec une main prudente et surtout avec un très grand sens de l'équilibre."

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