Cet article date de plus d'un an.

Le décryptage éco. Pourquoi le plan de relance européen est à l'arrêt

écouter (2min)

Pour soutenir l’économie, la France attend 40 milliards d’euros de l’Europe. Problème : le plan de relance européen est au point, mort bloqué par la Hongrie et la Pologne. Le décryptage de Fanny Guinochet

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban au Conseil européen à Bruxelles (Belgique), le 19 juillet 2020. (JOHN THYS / POOL)

La Pologne et la Hongrie rejettent une clause du plan de relance et bloquent le budget de l'Union européenne. Théoriquement, la règle, c’est que Bruxelles verse l’argent du plan de relance uniquement si les pays membres respectent l’État de droit, c’est à dire l’indépendance de la justice, des médias, les libertés individuelles, etc. Mais voilà : Budapest et Varsovie, rejoints depuis par la Slovénie, ne veulent pas entendre parler de ce principe. Ce n’est pas une surprise : au printemps, quand l’Europe a négocié les solutions pour surmonter la crise, le Premier ministre hongrois Viktor Orban et son homologue polonais avaient prévenu. Aujourd’hui, ils passent à l’acte, et leur veto stoppe tout le processus du plan de relance de 750 milliards d’euros ,mais aussi le budget communautaire de plus de 1 000 milliards d’euros pour les six ans à venir.

L’enjeu est important et la Hongrie et la Pologne ont aussi à y gagner. Bruxelles doit verser chaque année à la Pologne 14 milliards d’euros de budget, et 23 milliards au titre de la  relance. Pour la Hongrie, c’est 5 milliards par an de budget, plus 6 milliards. Cet argent, c’est d’ailleurs le principal levier de négociation, car la Pologne et la Hongrie en ont besoin. Emmanuel Macron et Angela Merkel font pression pour que ces pays cèdent en laissant planer la possibilité de les sortir du plan s’ils ne se rangent pas. Aujourd’hui encore, à Bruxelles, le sujet sera au cœur du sommet des dirigeants. 

De graves conséquences économiques 

Ce blocage empêche la Commission d’emprunter sur les marchés financiers. Il ne faut pas oublier que plan de relance, comme le budget européen, sont en grande partie financés par les crédits. Et surtout, en attendant de trouver une solution, les retards s’accumulent, les premiers versements de l’Europe aux pays étaient initialement prévus en avril 2021, ils n’interviendront pas avant l’été prochain, au mieux.  

La France va donc devoir attendre avant de toucher les 40 milliards d’euros, qui doivent abonder notre plan de relance national de 100 milliards pour aider les régions, mais aussi les entreprises, à surmonter la crise. C’est long, surtout quand l’activité économique continue de se dégrader. 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.