Coronavirus : un reconfinement mènerait à un "effondrement de l'économie", estime le patron du Medef

"Notre devoir, c'est de continuer à vivre, en respectant les gestes barrières", défend Geoffroy Roux de Bézieux.

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Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, dans le studio de franceinfo, le dimanche 13 septembre 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Il faut arriver à vivre avec cette pandémie", estime dimanche 13 septembre Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, invité de Questions Politiques, avec franceinfo, France Inter et Le Monde. Le patron des patrons prédit "un effondrement de l'économie" en cas de reconfinement.

"Vivre, ce n'est pas que l'économie, c'est la culture, le loisir, la vie sociale, donc il faut essayer de combiner les deux, parce que manifestement cela va durer, en tout cas jusqu'à l'année prochaine", poursuit Geoffroy Roux de Bézieux. "Notre devoir, c'est de continuer à vivre, en respectant les gestes barrières, et tout cela, parce que sinon on va tout arrêter, et là, on est dans un effondrement qui serait terrible, au delà de l'économie."

Le risque d'une "génération covid"

L'effondrement de l'économie que prédit le président du Medef aurait, selon lui, des conséquences sanitaires : "Il n'y aura plus d'argent pour payer la protection sociale, on va rentrer dans quelque chose que je ne maîtrise pas et que je ne souhaite pas".

"Il y a un vrai risque de génération Covid", poursuit Geoffroy Roux de Bézieux. Il assure que les fédérations du Medef vont tenter de maintenir le nombre d'alternants accueillis en entreprise. "Là où on peut aider, nous, les entrepreneurs, c'est en maintenant, je dis bien maintenir, on ne va pas augmenter, le nombre d'alternants, les contrats d'apprentissage, les contrats pros qu'on a à la rentrée. Si on arrive à faire ça, le pire en termes de casse sociale et de chômage n'est pas certain."

Le nombre d'alternants maintenu en entreprise

Sur les critiques concernant le plan de relance, le président du Medef assure qu'il y a des contreparties : "sur les 100 milliards d'euros du plan de relance, il y a à peu près la moitié qui va aux entreprises. Sur cette moitié, il y a des contreparties. C'est ça que les gens ne comprennent pas.

La prime à l'embauche, il y a une contrepartie, c'est l'embauche.

Geoffroy Roux de Bézieux

à franceinfo

"Donc c'est aussi simple que ça : vous embauchez un alternant pendant 24 mois et vous avez 8 000 euros, vous embauchez un jeune et vous avez 4 000 euros", rappelle le représentant du patronat.

"On commence à être fâchés avec le progrès"

Alors qu'une soixantaine de parlementaires de gauche et écologistes signent un appel dans Le Journal du Dimanche pour un moratoire sur la 5G en France, le président du Medef apporte lui son soutien à cette technologie :"Toutes les études montrent qu'il n'y a pas de conséquences sur les individus. Il faut continuer les tests, il faut faire attention. Deuxièmement, sur l'environnement, elle n'est pas plus néfaste que les autres antennes quand on construit une antenne, comme toute activité, cela produit du CO²", défend le président du syndicat patronal.

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, la 5G n'est pas "énergivore, c'est le débit que ça permet, mais c'est toujours très complexe, il ne faut pas simplifier : si vous consommez plus de données à distance, on peut imaginer aussi que vous voyagez moins, c'est ce qui s'est passé pendant le télétravail", poursuit-il.

Le président du Medef estime qu'en France, "on commence à être fâchés avec le progrès. D'un côté, il ne faut pas être bêtement progressiste au sens progrès scientifique, tout n'est pas bon dans ce que la science nous amène, c'est comme la langue d'Ésope. Mais de l'autre, refuser le progrès systématiquement pour aller vers la décroissance n'est pas une solution parce que je ne pense pas que nos concitoyens le veulent, et puis parce que les autres ne le font pas."

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