Coût de la vie étudiante en hausse : le syndicat Unef demande "des réponses d'urgence"

La présidente de l'Unef, Lilâ Le Bas, réclame notamment l'augmentation des bourses et du nombre de boursiers.

La présidente de l\'Unef Lilâ Le Bas demande \"des réponses d\'urgence\", pour faire face à la hausse du coût de la vie étudiante.
La présidente de l'Unef Lilâ Le Bas demande "des réponses d'urgence", pour faire face à la hausse du coût de la vie étudiante. (LOIC VENANCE / AFP)

Le syndicat Union nationale des étudiants de France (Unef) publie, lundi 20 août, son enquête annuelle sur le coût de la vie étudiante (lien vers un document PDF). D'après cette enquête, les étudiants vont devoir dépenser 1,31% d'euros de plus cette année. Sur franceinfo, Lilâ Le Bas, présidente de l'Unef, explique cette hausse par "le gel des aides sociales, des bourses aux critères sociaux et de l'aide au logement" notamment.

franceinfo : Comment expliquer cette augmentation du coût de la vie étudiante ?

Lilâ Le Bas : Les deux postes principaux de dépenses - les loyers et les transports - augmentent considérablement dans de nombreuses villes universitaires. C'est plus de 2% d'augmentation pour les loyers à Lyon, 1,36% à Lille. C'est pareil dans les transports en commun, alors qu'il est nécessaire de se loger au plus proche de l'endroit où l'on fait ses études, mais aussi de pouvoir se déplacer dans la ville universitaire. C'est aussi à cause du gel des aides sociales, des bourses aux critères sociaux à destination des étudiants et aussi de l'aide au logement. L'APL est perçue par des étudiants qui ont accès à un logement autonome et elle est gelée pour la prochaine rentrée universitaire, après une baisse de 5 euros déjà l'année dernière.

Que révèle cette augmentation ?

C'est symptomatique car d'année en année, ce coût de la vie étudiante augmente, alors qu'on a un système d'aides sociales qui est complètement à bout de souffle. 73% des étudiants sont exclus du système de bourses, le montant maximal est de 555 euros alors que le seuil de pauvreté est à plus de 1 000 euros par mois. Il y a un problème structurel dans les aides à destination des étudiants, ils s'enfoncent de plus en plus dans la précarité. Ils sont de plus en plus obligés de se salarier pour financer leurs études alors que c'est une des premières causes d'échec à l'université.

Quelles solutions attendez-vous ?

On demande que le gouvernement apporte des réponses d'urgence pour la rentrée, comme augmenter le nombre de boursiers et revaloriser les bourses. Il faut aussi enclencher des réformes structurelles de long terme. Il faut enfin prendre en compte l'autonomie des jeunes. On a souvent plus de 18 ans quand on arrive à l'université et pourtant, on a un système d'aides sociales qui prend toujours en compte la feuille d'impôt des parents. Cela exclut beaucoup de jeunes du système d'aides sociales. On demande la reconnaissance de cette autonomie et on aimerait qu'une allocation autonomie soit délivrée.