Un conseil de déontologie journalistique sera créé début décembre

Il s'agira d'un "organe professionnel d'autorégulation, indépendant de l'Etat", qui servira en particulier d'"instance de médiation et d'arbitrage entre les médias, les rédactions et leurs publics".

Un journaliste lors d\'une manifestation à Paris, le 15 évrier 2019.
Un journaliste lors d'une manifestation à Paris, le 15 évrier 2019. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Des représentants de la presse française, des journalistes et des citoyens vont fonder, le 2 décembre à Paris, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM). Cette instance, qui fait débat depuis des années, vise notamment à répondre à l'énorme défiance envers les médias. La date de l'"assemblée générale fondatrice" de ce nouvel organisme a été annoncée par l'Observatoire de la déontologie de l'information (ODI), une association qui travaille depuis plusieurs mois à la mise en place de cette instance.

Selon l'ODI, il s'agira d'un "organe professionnel d'autorégulation, indépendant de l'Etat", qui servira en particulier d'"instance de médiation et d'arbitrage entre les médias, les rédactions et leurs publics". Ce conseil de déontologie constituera en outre un espace "de réflexion et de concertation pour les professionnels et de pédagogie envers les publics", par exemple en matière de lutte contre les "fake news".

Des avis mais pas de sanctions

En revanche, il ne s'agira pas d'un "ordre des journalistes, un tribunal de la pensée ou une instance de censure", ni d'"une instance étatique ou administrative", promettent les partisans de ce conseil, parmi lesquels figurent la CFDT-journalistes et le SNJ, des collectifs comme "Informer n'est pas un délit", "Profession : Pigiste" ou la Fédération française des agences de presse (dont est membre l'AFP). Le CDJM pourra ainsi être saisi par le public ou s'autosaisir de cas problématiques mais ne pourra pas prononcer de sanction et se contentera d'émettre des avis.

Serpent de mer et longtemps épouvantail du paysage médiatique français, la création d'une telle instance avait été proposée à plusieurs reprises mais enterrée en raison de fortes dissensions dans la profession, certains y voyant une tentative de mettre au pas la presse. Mais un rapport commandé par le ministère de la Culture a relancé cette année l'idée d'un tel conseil, comme il en existe déjà dans la grande majorité des pays européens.