Les chaînes de télévision russes commencent à couvrir la contestation

Après un quasi "black-out" depuis le début de la contestation en Russie, les médias "officiels" commencent enfin à parler de la mobilisation lancée depuis une semaine.

(Radio France)

C'est la chaîne publique Pervyi Kanal (la Première chaîne en français), une des plus regardées du pays, qui crée la surprise samedi. Elle ouvre son journal du soir avec un sujet sur la manifestation (et la participation record) de samedi après-midi, tout en insistant sur le fait qu'il s'agissait d'une manifestation autorisée.

Peu avant la chaîne de télévision NTV, propriétée de Gaprom aux mains de l'Etat russe, diffusait un reportage sur la mobilisation. Le reportage faisait état de "dizaines de milliers" de manifestants. Des manifestants qui "ne veulent pas de révolution, mais des élections justes, qui sont le meilleur remède contre les révolutions" , dans la voix du journaliste de la chaîne.

Les jours précédents, les différentes antennes publiques avaient quasiment passé sous silence les manifestations et les interpellations de centaines de citoyens qui défilaient paisiblement dans la rue, des citoyens parmi lesquels le blogueur anti-corruption Alexeï Navalny condamné à 15 jours de prison.

Selon les experts russes des médias, l'ampleur de la mobilisation et le fait qu'elle soit relayée sur internet via les réseaux sociaux, fait qu'il était devenu impossible de censurer plus encore ce qu'il se passait. Selon des informations du site gazeta.ru (journal en français), c'est le président Dimitri Medvedev qui a donné l'ordre aux télévisions de couvrir les événements. Néanmoins, elles n'ont commencé à diffuser des images que deux heures après le début de la manifestation de samedi, "lorsqu'il est devenu évident que tout se passait tranquillement" explique Anna Katchkaeva, spécialiste des médias. Elle ajoute "qu'il y a une semaine, il aurait été impossible de voir [ça] sur Pervyi Kanal" .