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Hadopi : le ministère de la Culture dans le rôle de l'arroseur arrosé

Les internautes du blog Nikopik affirment que des téléchargements illégaux auraient lieu depuis le siège du ministère. A moins que les adresses IP de la rue de Valois n'aient été falsifiées. 

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France Télévisions
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"Attention, votre acces a internet a été utilisé pour commettre des faits,[...] qui peuvent constituer une infraction penale", prévient le courrier d'avertissement de l'Hadopi, le 20 décembre 2010.  (DURAND FLORENCE / SIPA)

"Sur les 65 025 adresses IP officiellement attribuées au ministère, plus de 250 ont été repérées comme faisant transiter du contenu illégal durant les deux derniers mois". Pour le blog Nikopik, c'est clair : des fonctionnaires du ministère de la Culture téléchargent illégalement des chansons, des séries, des films et même des jeux vidéos. En tout, plus de plus de 260 œuvres protégées par le droit d'auteur auraient été récupérés sur les sites de peer-to-peer. 

Mais que les fonctionnaires de la rue de Valois téléchargent ou non David Guetta et Twilight 4, cette information rappelle que les adresses IP ne sont pas assez fiables pour être la base de la répression. 

La méthode Nikopik 

Pour prendre le ministère la main dans le sac, les blogueurs ont utilisé YouHaveDownloaded.com, un site hébergé en Russie qui permet, à partir d'une adresse IP, de retrouver les connexions et documents téléchargés sur les sites de peer-to-peer.

Comme l'explique Libération.fr, ce site "applique exactement la même méthode que Trident Media Guard (TMG)", la société privée payée par les ayants droit pour surveiller les plateformes de peer-to-peer et transmettre les adresses IP fautives à l'Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet).

Une certitude donc : des adresses IP du ministère ont bel et bien servi à télécharger des fichiers illégalement. Mais y a-t-il vraiment des fonctionnaires derrière ces actes qui pourraient être jugés répréhensibles par l'Hadopi ?

Des adresses IP falsifiables

Pas forcément. Même si un internaute est tenu de "s'assurer que son accès internet n'est pas utilisé à des fins illicites", dixit la loi Hadopi, les adresses IP peuvent faire l'objet de falsifications. 

Cité par LeNouvelObs.com, Suren Ter, le responsable du site YouHaveDownloaded, explique : "une adresse IP est une adresse IP, ce n'est pas une donnée fiable pour identifier un internaute." Son site est d'ailleurs là pour le prouver. 

En fait, la connexion Internet de la rue de Valois a pu être piratée, les adresses IP usurpées ou simplement injectées sur les réseaux de peer-to-peer, détaille l'Express.fr

D'ailleurs, quand le site s'était attaqué à l'Elysée par le même biais mi-décembre, la présidence de la République avait rapidement démenti, après vérification interne : "Il n’y a pas eu de téléchargement illégal depuis le réseau de la présidence durant les derniers mois."

De quoi reconnaître en creux que les adresses sont falsifiables. Et confirmer ce que tous les détracteurs d’Hadopi, mais aussi le tribunal de Guingamp par exemple, répètent inlassablement : l’adresse IP n'est pas assez fiable pour être à la base de la répression du téléchargement illégal. 

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