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François Cavanna, cofondateur de "Hara-Kiri" et de "Charlie Hebdo", est mort

L'information, révélée par le site du "Nouvel Observateur", a été confirmée par le directeur de la publication de "Charlie Hebdo" à francetv info.

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François Cavanna, le 3 décembre 2008, à Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

L'écrivain et dessinateur François Cavanna est mort, mercredi 29 janvier, à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne). Agé de 90 ans, il avait participé à la création du mensuel Hara-Kiri puis à celle de l'hebdomadaire Charlie Hebdo. L'information, révélée jeudi par le site du Nouvel Observateur, a été confirmée à francetv info par Charb, directeur de la publication de Charlie Hebdo. François Cavanna était hospitalisé "depuis un moment", après une fracture du fémur et souffrait de complications pulmonaires, précise-t-il.

"C'est le grand prêtre de l'humour qui disparaît, mais Cavanna n'est pas tout à fait mort : 'Charlie Hebdo' lui survit", a également déclaré Charb à l'AFP.

De "Hara-Kiri" à "Charlie-Hebdo", une autre manière de voir la presse 

Né le 22 février 1923 à Paris, François Cavanna a grandi dans la petite communauté italienne de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), qui lui a inspiré son grand roman Les Ritals, en 1978.

Il crée le magazine Hara-Kiri dans les années 1960. "Il est à l'origine d'une mini-révolution dans la presse et dans la manière de rire. De nombreux humoristes lui doivent beaucoup sans le savoir", commente Charb. "Il s'agissait de bouffer du curé et de dénoncer les ordres établis, mais surtout de se marrer et faire rire les lecteurs", racontait récemment François Cavanna, au sujet du lancement d'Hara-Kiri. Il avait fondé ce "journal bête et méchant" avec Georges Bernier, alias professeur Choron.

Enfant terrible de la presse française, Charlie Hebdo a pris la relève en 1970, après la censure d'Hara-Kiri Hebdo, avant de disparaître pendant onze ans, laminé par les procès. Après son retour en 1992, le journal a été victime d'un incendie criminel fin 2011, après avoir publié des caricatures de Mahomet. Aujourd'hui, Charlie Hebdo vend en moyenne 60 000 exemplaires, dont 15 000 par abonnement.

Un livre sur sa maladie de Parkinson

François Cavanna était atteint de la maladie de Parkinson depuis plusieurs années. Anarchiste à la langue bien pendue, l'écrivain n'avait pas pu se taire face à ce mal. En 2011, il avait publié un livre racontant notamment son quotidien. Il l'avait intitulé Lune de miel, rapportait alors Culture box.

Parkinson, "ça vous range tout de suite parmi les vieillards. Beaucoup plus que parmi les malades. Un parkinsonien est beaucoup plus un vieillard avancé qu'un malade. J'ai largement l'âge d'être les deux", avait-il déclaré à une équipe de France 2. 

De la bière et du saucisson à la veille de sa mort

"Qu'est-ce qu'il nous a fait rire, Cavanna ! En voilà un qui n'aura pas laissé l'humour, en partant, dans l'état où il l'avait trouvé en arrivant", écrit à son sujet un des premiers rédacteurs de Hara-Kiri, Delfeil de Ton, sur le site du Nouvel Observateur. Il avait enterré Choron. Il avait enterré Fournier, il avait enterré Reiser, il avait enterré Gébé. Enterré Fred et Topor. Il ne nous aura pas enterré tous. Dommage. C'est lui qui se serait farci les nécros."

Le journaliste Denis Robert, qui réalise un film sur François Cavanna, raconte, sur sa page Facebook, cette anecdote : "La veille [de sa mort], après avoir jeûné une semaine, il avait demandé de la bière et du saucisson. Il a mangé ça rageusement et en souriant. Ça va. Il a eu une belle vie."

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