Crise à i-Télé : les trois questions qui se posent après la fin d'une grève historique

Les salariés ont voté, mercredi, l'arrêt de leur mouvement, mais n'ont pas obtenu gain de cause sur la majorité de leurs revendications.

Les bureaux d\'i-Télé à Boulogne (Hauts-de-Seine), le 25 octobre 2016. 
Les bureaux d'i-Télé à Boulogne (Hauts-de-Seine), le 25 octobre 2016.  (SIMON GUILLEMIN / HANS LUCAS / AFP)

C'est la fin d'une grève d'une durée inédite dans l'audiovisuel français depuis mai 1968. Les salariés d'i-Télé ont voté, mercredi 16 novembre, la fin de leur grève historique de 31 jours. Qu'ont-ils obtenu ? Dans quel état est la rédaction et quand va reprendre la diffusion des programmes ? Franceinfo revient en trois questions sur cette fin de ce conflit. 

1Qu'ont obtenu les salariés ? 

Pas grand-chose. Les salariés n'ont pas obtenu le retrait de l'animateur Jean-Marc Morandini, mis en examen pour "corruption de mineurs aggravée". Néanmoins, précisent-ils sur le site d'information Les Jours, "nous avons obtenu que son travail soit très encadré et qu'aucun collaborateur d'i-Télé ne soit contraint de travailler avec lui contre son gré".

Ils n'ont pas gagné non plus leur bras de fer sur "la séparation des postes de directeur général et de directeur de la rédaction". Un point qui cristallisait les tensions puisque Serge Nedjar, venu du quotidien Direct Matin, propriété de Vincent Bolloré, cumule les deux postes. Ils assurent, en revanche, avoir reçu "des garanties sur l'indépendance de la rédaction" ainsi que l'élaboration dans les quatre mois d'une charte éthique, dans le cadre de la loi Bloche.

La direction a en revanche lâché du lest sur les conditions de départ des salariés, rapporte Le Monde : ils pourront partir avec deux mois de salaire par année d'ancienneté (au lieu d'un), avec un plancher à six mois pour les moins anciens. Autre avancée : les rédactions d'i-Télé et de Direct Matin resteront "séparées", a assuré le directeur de général de Canal+.

2Dans quel état est la rédaction ? 

Si les salariés sortent de ce conflit "éreintés et meurtris, mais la tête haute", la rédaction est surtout décimée. En plus de la dizaine de départs déjà connus, de nombreux autres journalistes ont annoncé qu'ils quittaient le navire lors de la dernière assemblée générale : entre 15 et 25, selon Le Monde

Parmi eux, des figures historiques, comme Jean-Jérôme Bertolus, Guillaume Auda ou encore le chef du service des sports Olivier Le Foll. "Aujourd’hui, rester ou partir est un choix difficile. Et pour beaucoup d’entre nous, cela ne s’apparente pas à un choix", résument les salariés dans leur texte publié sur Les Jours. 

3Quand va reprendre le direct ? 

C'est la grande inconnue. Le directeur général du groupe Canal+, Maxime Saada, a besoin de faire le point sur les forces en présence. "On ne sait pas encore, on discute avec beaucoup de monde. Les équipes sont épuisées. On va faire un état des lieux, on ne sait pas encore quand le direct va reprendre, a-t-il précisé à franceinfo. Maintenant, il faut se remettre au travail, se reconstruire, préparer le lancement de CNews." I-Télé restera une chaîne d'information en continu, mais avec "des colorations plus fortes" sur le sport, la culture et le cinéma afin de se distinguer de ses concurrentes, a-t-il également précisé.