"C'est flippant de travailler à Charlie", témoigne Fabrice Nicolino

Trois ans après l'attentat qui a coûté la vie à 12 membres de l'hebdomadaire satirique, que reste-t-il de Charlie, de son audace, de son esprit ? C'est l'objet de la soirée qui lui est consacrée ce samedi 6 janvier.

FRANCE 2

Barrages policiers, fouilles à l'entrée, la réunion de soutien à Charlie Hebdo est placée sous haute protection. "Tout l'après-midi, différentes personnalités se sont succédé, et dans quelques minutes, un concert va commencer", témoigne Florence Griffond en direct des Folies Bergères à Paris. "Le but, c'est de montrer que l'esprit de Charlie Hebdo est toujours vivant". À l'intérieur, face au public, bien peu de journalistes de la rédaction. La plupart préfèrent rester cachés. Pour comprendre ce qu'ils vivent, il faut ouvrir le journal, aux couleurs d'une porte de prison. Charlie Hebdo entrouvre la lucarne de ce qu'est devenu depuis trois ans son univers, une boite de conserve.

"C'est flippant de travailler à Charlie"

Un lieu tenu secret, cadenassé et anxiogène. "Il faut dire les choses sans détour, moi je ne suis pas un adepte de la langue de bois : c'est flippant de travailler à Charlie. C'est archi-blindé, il y a de terribles mesures de protection, il y a une panic room, c'est un endroit où on est censés se précipiter en cas d'alerte", témoigne Fabrice Nicolino, journaliste à Charlie Hebdo. Certains journalistes sont sous protection policière constante. Trois ans plus tard, le journal reçoit encore des menaces de mort, et le traumatisme du 7 janvier est encore vivace. Les coûts de protection, près de 1,5 million d'euros, sont à la charge du journal. C'est l'équivalent de 800 000 exemplaires par an. Aujourd'hui, Charlie se vend à 30 000 exemplaires, loin des 8 millions du numéro des survivants d'il y a trois ans.

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Extrait de la une du numéro du 3 janvier 2018 de \"Charlie Hebdo\".
Extrait de la une du numéro du 3 janvier 2018 de "Charlie Hebdo". (CHARLIE HEBDO)