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Les dirigeants européens veulent appliquer rapidement les décisions prisent le 21 juillet pour calmer les investisseurs

C'est ce qu'a indiqué vendredi une porte-parole de la chancellière allemande Angela Merkel. Les dirigeants européens ont eu de nombreux entretiens téléphoniques.L'annonce faite par Silvio Berlusconi d'une convocation anticipée d'un G7 des ministres des Finances est en cours de réflexion.
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Graphique montrant la chute des marché à la bourse de Milan, le 5 août 2011 (AFP/OLIVIER MORIN)

C'est ce qu'a indiqué vendredi une porte-parole de la chancellière allemande Angela Merkel. Les dirigeants européens ont eu de nombreux entretiens téléphoniques.

L'annonce faite par Silvio Berlusconi d'une convocation anticipée d'un G7 des ministres des Finances est en cours de réflexion.

La mobilisation politique dépasse les frontières de la zone euro. Les autorités britanniques, membres du G7, se sont également réunies d'urgence pour examiner la situation et ont pris part aux consultations menées vendredi.

Revenu exprès de vacances, le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a été le premier à intervenir vendredi à Bruxelles.

M.Rehn a rappelé : "Nous sommes en train de réaliser une réforme très profonde des filets de sécurité de la zone euro". Il a mis l'accent sur l'importance d'avoir un produit solide "pour communiquer". "Or le fonds de stabilisation européen est encore en cours de fabrication", a-t-il souligné.

Pour lui, de nombreuse avancées sont attendues en septembre, quand les Parlements nationaux devront se prononcer. Les dirigeants européens ont assuré vendredi de leur intention d'appliquer les accords de la réunion du 21 juillet "le plus vite possible".

Outre un deuxième plan d'aide pour la Grèce, les dirigeants de la zone euro se sont mis d'accord sur un arsenal de mesures pour lutter contre la crise de la dette, dont le renforcement du Fonds de soutien mis en place pour venir en aide en 2010 à l'Irlande et au Portugal.

M. Rehn a estimé que la capacité de prêts de ce fonds devait être renforcée, même s'il s'est refusé à entrer dans une bataille de chiffres.

Le fonds dispose actuellement d'une capacité effective de prêts de 440 milliards d'euros, une enveloppe insuffisante pour sauver un pays de la taille de l'Italie.

M.Rehn a jugées "injustifiées" les attaques subies par Rome et Madrid sur les marchés, au regard des fondamentaux des deux pays. Pour lui, ils n'auront tout simplement pas besoin de plans d'aide.

Mais ses déclarations ont été boudées par les marchés financiers. La défiance est due à l'absence de mesures au niveau européen, expliquent les analystes.

Des propositions pour améliorer la gouvernance

Lors du sommet de Bruxelles du 21 juillet, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient également annoncé, sans dévoiler de détails, vouloir faire d'ici fin août début septembre des propositions pour améliorer la gouvernance de la zone euro, sérieusement mise à mal par la crise de la dette.

Le président américain Barack Obama s'est entretenu vendredi séparément par téléphone avec le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel au sujet "des dernières évolutions de la crise en zone euro", a annoncé la Maison Blanche. Il a notamment "noté les mesures importantes prises lors du sommet des dirigeants de la zone euro le 21 juillet et l'importance de leur mise en oeuvre".

Berlusconi: nécessité d'interventions coordonnées

"La situation est très difficile et réclame des interventions coordonnées", a indiqué Silvio Berlusconi, qui a également annoncé l'accélération des mesures prévues dans le projet de budget pour les trois ans à venir, "dans le but d'arriver à l'équilibre budgétaire en 2013 au lieu de 2014".

Le Cavaliere a déclaré à des journalistes que le sommet se tiendrait "dans quelques jours" et pourrait ouvrir la voie à un sommet des dirigeants du G8 "si les ministres des Finances réussissent à se mettre d'accord sur un plan d'action commun".Un bémol a été mis à convocation anticipée du G7.

"La situation est très difficile et elle réclame des interventions coordonnées. Il faut reconnaître que le monde est entré dans une crise financière globale qui concerne tous les pays", a dit Silvio Berlusconi à Rome en annonçant le G7 finance anticipé. Outre M.Sarkozy, il a souligné avoir parlé aussi avec les dirigeants de l'UE, d'Allemagne et d'Espagne.

La France assure la présidence des G7-G8 et du G20
Rentré de vacances pour suivre de près la situation en zone euro, le ministre français de l'Economie François Baroin a estimé vendredi sur France Info que les réponses apportées par les chefs d'Etat à la crise de la dette devaient être "entendues par les investisseurs et les marchés" qu'il a appelé à "garder la tête froide".

Le ministre a souhaité que la déclinaison du plan adopté le 21 juillet à Bruxelles intervienne le plus vite possible dans les 17 pays de la zone euro et, plus globalement, que soit réduit le temps de latence entre les décision des chefs d'Etat et de gouvernement et leur approbation par les parlements.

"Il ne peut pas y avoir de doute de la part des investisseurs et des marchés sur la détermination de chacun des pays signataires de cet accord au sein de la zone euro, c'est-à-dire des 17 chefs d'Etat et de gouvernement, sur la déclinaison de ce plan", a-t-il ajouté.
Ce plan est "excellent", a poursuivi le ministre des Finances, "nous n'avons aucun doute sur son efficacité".

Le nouveau plan européen assouplit les pouvoirs du Fonds européen de stabilité financière doté de 440 milliards d'euros en lui donnant la possibilité d'acheter des obligations de pays en difficultés sur le marché secondaire.

Avant d'entrer en vigueur, ce plan doit toutefois être adopté dans chacun des pays et François Baroin a estimé qu'il faudrait réduire "le temps de latence (...) entre les décisions prises au plus haut niveau des Etats membres de la zone euro et la déclinaison démocratique". Il a ajouté que la France était aux avant-postes avec sa décision de convoquer le Parlement en session extraordinaire pour examiner le texte à partir du 6 septembre.

Les Français et la dette
Environ la moitié des Français doutent de la capacité des trois favoris de la présidentielle à réduire la dette et le déficit publics après l'élection.

Nicolas Sarkozy recueille toutefois un peu plus d'avis favorables que les socialistes Martine Aubry et François Hollande, selon un sondage Ifop pourSud-Ouest Dimanche.

Alors qu'on leur présentait deux hypothèses de finale en 2012, Sarkozy-Aubry ou Sarkozy-Hollande, les sondés étaient invités à dire à laquelle des deux personnalités ils font "le plus confiance pour réduire la dette et le déficit publics si elle est élue président de la République en 2012".

Dans la première hypothèse, 52% des personnes interrogées ne font confiance à aucun des deux sur ce chapitre. 28% font confiance à Nicolas Sarkozy et 20% à Martine Aubry. A la même question concernant le second scénario, 48% disent ne faire confiance ni à l'un ni à l'autre, 27% font confiance au président sortant et 25% à François Hollande.

Si on tient compte de la couleur politique des sondés, 88% des sympathisants UMP font confiance à Nicolas Sarkozy et aucun à Martine Aubry pour réduire la dette, 12% ne faisant confiance ni à l'un ni à l'autre. Dans le duel Sarkozy-Hollande, 83% des sympathisants UMP choisissent Sarkozy et 3% Hollande, tandis que 14% ne font confiance à aucun des deux.

Chez les sympathisants de gauche, dans le cas d'un duel Sarkozy-Aubry, 6% choisissent Nicolas Sarkozy, 48% Martine Aubry et 46% ni l'un ni l'autre. Dans un duel Sarkozy-Hollande, 6% choissent l'actuel chef de l'Etat, 54% le député de Corrèze, et 40% ni l'un ni l'autre.

Du côté des sympathisants FN, 76% des personnes interrogées ne font confiance ni à Nicolas Sarkozy ni à Martine Aubry pour réduire les déficits. 21% accordent leur confiance au premier et 3% à la seconde. Dans un duel Sarkozy-Hollande, 63% des sympathisants FN ne font confiance à aucun des deux, 23% choisissent Nicolas Sarkozy et 14% François Hollande.

Sondage réalisé du 2 au 5 août auprès de 1.001 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus qui ont répondu à un questionnaire auto-administré en ligne (système Cawi)

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