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Les dirigeants de la zone euro sont parvenus jeudi à Bruxelles à un accord sur un deuxième plan d'aide à la Grèce

Ce plan s'élève à 158 milliards d'euros, a annoncé le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi.Le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos a qualifié vendredi matin ce plan de "grand soulagement" pour l'économie grecque, en assurant que le système bancaire grec était "garanti et assuré" par cet accord.
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Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde et Angela Merkel à Bruxelles le 21 juillet 2011 (AFP - POOL - BUNDESREGIERUNG - STEFFEN KUGLER)

Ce plan s'élève à 158 milliards d'euros, a annoncé le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi.

Le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos a qualifié vendredi matin ce plan de "grand soulagement" pour l'économie grecque, en assurant que le système bancaire grec était "garanti et assuré" par cet accord.

L'accord, obtenu après dix heures de discussions, a pour objectif de sauver la Grèce en allégeant sa dette (près de 350 milliards d'euros actuellement) et d'empêcher une contagion européenne de la crise de la dette.

Selon la déclaration finale du sommet, la répartition de la nouvelle aide à la Grèce comprend 109 milliards d'euros de prêts de l'Europe et du Fonds monétaire international (FMI). Le reste, 49,6 milliards d'euros, proviendra d'une contribution du secteur privé créancier de la Grèce, banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissement.

Quelle participation du privé ?
Une partie de l'argent privé viendra d'une "contribution volontaire" des banques créancières de la Grèce et une autre consistera en rachat de dettes grecques sur le marché.

A plus long terme, les banques créancières de la Grèce vont contribuer à une nouvelle aide à ce pays à hauteur "de 135 milliards d'euros sur 30 ans", a annoncé le président Nicolas Sarkozy à l'issue du sommet.

De son côté, le lobby mondial des grandes banques mondiales, l'Institut de la finance internationale (IFF) a détaillé ces mesures dans un communiqué, évoquant 54 milliards d'euros d'aide sur trois ans et 135 milliards sur 10 ans, "de mi-2011 à fin 2020". Un chiffre également mentionné par le président français Nicolas Sarkozy. L'IFF vise "un taux de participation de 90%" des créanciers privés de la Grèce.

La participation des banques dans un plan d'aide de ce type est une première au sein de l'Union monétaire et pourrait déboucher sur un défaut de paiement de la Grèce, même de courte durée. Il est question de "quelques jours", selon un diplomate.

Cette exigence d'impliquer à tout prix le secteur privé provenait de l'Allemagne. La chancelière Angela Merkel estime qu'elle ne pourra, sans cela, convaincre son opinion publique de prêter de nouveaux fonds aux pays européens en difficulté.

Cette question a été à l'origine d'un rude bras de fer ces dernières semaines entre Berlin, soutenu par les Pays-Bas et la Finlande d'une part, la Banque centrale européenne, la France et de nombreux pays d'autre part. Ces différends ont alimenté la nervosité des marchés et créé des turbulences qui ont failli emporter l'Italie à son tour dans la tempête de la crise de la dette.

La dette grecque sera réduite de 26 milliards d'euros d'ici à fin 2014 grâce à ce nouveau plan d'aide, a assuré le Premier ministre grec, Georges Papandréou. En outre, le pays va bénéficier d'échéances plus importantes pour rembourser les nouveaux prêts promis par l'Europe et de taux d'intérêt plus avantageux, qui vont réduire le service de la dette. Il a par ailleurs estimé que les mesures adoptées jeudi soir garantiront les besoins de financement de son pays jusqu'en 2020.

Georges Papandréou a par ailleurs déclaré que les discussions avaient progressé sur la voie de la création d'obligations européennes ("eurobonds"). "Nous n'avons pas arrêté de décision, mais nous en sommes proches", a-t-il dit.

Propositions pour la gouvernance de la zone euro
"Nous avons décidé de soutenir la Grèce en tant que membre de l'euro et de la zone euro. C'est un engagement déterminé", a assuré Nicolas Sarkozy. "Nous sommes conscients des efforts demandés aux Grecs, l'ensemble des pays de la zone euro ont décidé d'être à leur côté, on ne peut abandonner un membre de la zone euro à partir du moment ou celui-ci s'engage dans un programme de réforme", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a, par ailleurs, annoncé qu'"avant la fin de l'été", il allait faire "des propositions" avec la chancelière allemande Angela Merkel pour améliorer la gouvernance de la zone euro.

Réactions
- Le ministre français de l'Economie François Baroin
a qualifié vendredi sur RTL de "vrai rendez-vous d'histoire" l'accord ayant mené au nouveau plan de soutien à la Grèce par les dirigeants de la zone euro, et a insisté sur le rôle décisif joué par Nicolas Sarkozy pour y parvenir. "Les réponses apportées sont exceptionnelles, sont des réponses profondes, puissantes, durables qui donnent des garanties à la Grèce d'accompagner dans la durée sa remise à un niveau acceptable."

- Harlem Désir, premier secrétaire du PS par intérim, a comparé vendredi sur Europe 1 le nouvel accord européen d'aide à la Grèce à un "plan de rafistolage". Il a ajouté craindre qu'il entraîne davantage d'"austérité" en Europe. "Ce plan ne sera pas suffisant pour sortir la zone euro de sa crise" et "il a même un vice caché qui est qu'en réalité l'austérité va continuer à se renforcer en Europe", selon lui.

- La directrice générale du FMI Christine Lagarde a affirmé à Bruxelles que l'institution allait continuer "à jouer son rôle" pour aider la Grèce. Elle a salué "le soutien important à la croissance et à la stabilité financière" des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro et des institutions financières. Elle a précisé que toute nouvelle aide à Athènes restait soumise à la volonté du conseil d'administration du FMI.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet a salué un programme "crucial pour stabiliser les finances publiques" du pays et "pour garantir la soutenabilité de la dette publique". Il s'est aussi félicité du fait que la participation du secteur privé soit limitée à la seule Grèce, et soit exclue noir sur blanc pour les autres pays. Jean-Claude Trichet a longtemps été opposé à une participation des banques qui devrait impliquer un défaut de paiement partiel de la Grèce.

Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, a qualifié jeudi de "décisive" 'impulsion de Nicolas Sarkozy "pour sauver la Grèce, l'Europe et protéger les Français".

La candidate à la primaire PS Ségolène Royal, première dirigeante socialiste à réagir, a estimé jeudi que ce sommet européen "n'apporte que des colmatages provisoires à une crise sans précédent". Selon elle, "l'accord final reporte à plus tard les deux questions fondamentales pour l'avenir de l'Europe: la lutte contre la spéculation financière et la relance économique de la zone euro".

A l'annonce de cet accord, l'euro a accéléré sa progression face au dollar, atteignant son plus haut niveau depuis le 6 juillet. De son côté, Wall Street a terminé en nette hausse: le Dow Jones a gagné 1,23% et le Nasdaq 0,71%.

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