La perspective d’une réforme du contrat de travail s’éloigne

Syndicats, patronat et gouvernement se sont penchés ensemble vendredi sur la dernière réforme du marché du travail de 2013, pour en amorcer le bilan, alors que la perspective de possibles nouvelles mesures autour du contrat de travail hérisse les syndicats.

(Emmanuel Macron et le François Rebsamen présidaient ce vendredi une conférence sociale thématique avec les partenaires sociaux sur le bilan de la loi sur la sécurisation de l’emploi © Maxppp)

 La perspective d'une réforme rapide du contrat de travail s'éloigne, évoquée récemment par le Premier ministre Manuel Valls, ont estimé vendredi des participants à une réunion dédiée à un bilan de la loi de sécurisation de l'emploi de 2013, présidée par Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie et François Rebsamen, le ministre du Travail. Le patronat souhaite notamment la mise en place d'un contrat à durée indéterminée "sécurisé", limitant les risques de  contentieux en cas de licenciement.

Peu d’évolutions à venir sur le contrat de travail

Mais "concernant l'évolution des contrats de travail, on a senti que la porte était plutôt fermée du côté du gouvernement", a déploré le président du syndicat des patrons de petites et moyennes entreprises, la CGPME, François Asselin. Même son de cloche du côté de la CFDT. L'exécutif redoute que la timide reprise de la croissance ne s'accompagne pas de créations d'emplois, comme la dernière note de conjoncture de l'Insee le laisse prévoir. Dans un entretien au magazine Challenges, Manuel Valls a notamment dit vouloir "ouvrir le chantier de l'emploi dans les PME" via une réforme du contrat de travail.

Macron défend un "droit à l’erreur" en matière d’embauche

Le ministre de l'Economie a pour sa part souhaité jeudi que le "droit à l'erreur" en matière d'embauche soit reconnu aux employeurs et s'est dit pour des "simplifications" en ce sens. Autre demande patronale : l'extension aux sociétés en phase de développement des accords de maintien de l'emploi prévus par l'ANI de 2013 pour moduler temporairement la durée du travail ou les rémunérations dans les entreprises en difficulté.  Là aussi, cette idée, à laquelle les réformateurs du PS se montrent sensibles, se heurte à l'hostilité des syndicats. "Pour la CFDT, ça n'existe pas", a déclaré Laurent Berger.

Prochain rendez-vous en mai

En conclusion de la rencontre, le gouvernement, par voie de communiqué, a estimé que la LSE était "une bonne loi", "fondée sur un bon accord", "symbole d’une méthode fondée sur le dialogue social". Un nouveau rendez-vous est prévu en mai entre le ministre du Travail, François Rebsamen, et les partenaires sociaux, pour compléter l'évaluation des dispositifs existants.