Fabius souhaite que la France accueille 100 millions de touristes étrangers

Le ministre des Affaires étrangères veut faire de l'Hexagone le premier pays touristique du monde. Il l'a annoncé lors des Assises du tourisme, à Paris.

Des touristes effectuent une croisière sur la Seine, à Paris, le 9 juin 2014.
Des touristes effectuent une croisière sur la Seine, à Paris, le 9 juin 2014. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

La tour Eiffel, le Mont-Saint-Michel, les plages de la Côte d'Azur risquent de voir leur affluence croître. La France se fixe comme "prochain objectif" d'accueillir 100 millions de touristes étrangers, contre 83 millions en 2012, a annoncé, jeudi 19 juin, le ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Laurent Fabius, en clôture des Assises du tourisme, à Paris.

"Le tourisme est la première industrie au monde, représentant 12% du PIB mondial et plus de 200 millions d'emplois." Pour la France, "je pense que nous pouvons nous fixer un objectif à la fois simple et mobilisateur : nous devons avoir pour ambition d'être le premier [pays touristique] au monde", a déclaré Laurent Fabius.

Quelles sont les mesures préconisées par le ministre pour atteindre cet objectif.

Définir des "pôles d'excellence" prioritaires

Pour y parvenir, la France va mettre en place "cinq pôles d'excellence", pour "accroître la visibilité et la lisibilité" de l'offre et pour que les acteurs du tourisme se mobilisent "autour de priorités partagées", a indiqué le ministre. Ces cinq pôles seront la gastronomie et l'œnotourisme, le sport et la montagne, l'écotourisme, les savoir-faire (comme l'artisanat et le luxe) et le tourisme urbain.

Leur financement doit être assuré à hauteur de 15 millions d'euros par le programme Investissement d'avenir, a indiqué Laurent Fabius, en précisant que cette décision entrerait en vigueur avant la fin de l'année.

Ouvrir davantage les magasins le dimanche à Paris

Par ailleurs, pour favoriser l'activité touristique, le gouvernement veut élargir l'ouverture des magasins le dimanche dans des zones touristiques de Paris. "Le gouvernement souhaite qu'à Paris, après concertation avec les partenaires concernés, certaines zones, comme le boulevard Haussmann, puissent être classées 'zone touristique d'affluence exceptionnelle' afin d'y permettre l'ouverture de commerces le dimanche." Et d'ajouter : "La même souplesse est souhaitable dans les principales gares de France". 

Le ministre n'a cependant pas évoqué le cas des Champs Elysées dans son allocution. "Le touriste qui trouve porte close le dimanche ou à 19 heures n'attend pas le jeudi suivant", a-t-il encore souligné. 

Améliorer l'accueil et l'accès aux gares et aéroports

"L'attractivité se joue d'abord dans les aéroports, dans les gares...", a relevé Laurent Fabius. "La logique est simple : un touriste mécontent est un touriste qui ne reviendra pas", a-t-il martelé. Il a donc annoncé que la gare du Nord, première gare d'Europe, ferait l'objet d'un "programme spécial de rénovation" de 2014 à 2017, pour améliorer notamment l'accueil des touristes. Ainsi, les travaux "concerneront d'abord le hall Eurostar."

Le ministre des Affaires étrangères a également révélé la création d'un "forfait taxi" pour le trajet entre Paris et l'aéroport de Roissy, le deuxième aéroport d'Europe et plaque tournante des arrivées de nombreux touristes. "L'utilisation des taxis vers ou depuis l'aéroport sera facilitée : au 1er janvier 2015, les taxis et bus bénéficieront d'une voie réservée sur l'autoroute A1 qui relie Roissy et Paris. A cette même date, en concertation avec les organisations concernées, un forfait taxi devra fonctionner pour le trajet aéroport/centre-ville."

Par ailleurs, "le gouvernement a décidé que le plan de financement du Charles de Gaulle Express", qui doit relier par rail l'aéroport de Roissy à la capitale, "sera bouclé au plus tard en 2015, pour un début effectif de travaux en 2017", a indiqué Laurent Fabius. "Il est essentiel que les touristes puissent bénéficier d'un moyen de transport sécurisé et prévisible, leur permettant de rejoindre la capitale en vingt minutes."