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La France et l'Egypte signent le premier contrat à l'export du Rafale

Jean-Yves Le Drian et le PDG de Dassault aviation ont officiellement signé ce lundi au Caire la première vente du Rafale à l'exportation dans un contexte géopolitique particulièrement tendu.
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Radio France
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 (Le PDG de Dassault Aviation a signé  le contrat au palais présidentiel en présence du chef de l'Etat égyptien et de Jean-Yves Le Drian © Maxppp)

 Après une aventure commerciale mouvementée, la signature du contrat est une consécration pour ce fleuron aéronautique français. Le ministre de la Défense et le PDG de Dassault aviation, Eric Trappier, ont signé dans le palais présidentiel égyptien, en présence du chef de l’Etat, Abdel Fattah al-Sissi, le tout premier contrat à l’export du Rafale, d'une valeur de 5,2 milliards d'euros.

Soit 24 avions Rafale fabriqués par Dassault Aviation, une frégate multimissions FREMM du groupe naval DCNS ainsi que des missiles conçus par MBDA. Menée en un temps record, à peine trois mois, cette vente à l'initiative de l'Egypte marque le souhait du Caire de diversifier ses sources d'armements et de s'affranchir de la tutelle américaine, dont elle était très dépendante jusque-là.

Amnesty International pointe du doigt le régime de Sissi

Au-delà de son volet commercial, cette vente marque aussi le soutien de Paris au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, en pleine répression de toute opposition en Egypte. Peu avant l'annonce du contrat, Amnesty International France avait ainsi appelé Paris à "suspendre tous les transferts d'armes" à l'Egypte en raison de la "répression, sans précédent depuis 30 ans" dans le pays.

"Le développement et la démocratie, c'est postérieur à la sécurité. Le maréchal Sissi a été élu par son peuple et prépare des élections législatives. La sécurité est l'élément d'urgence pour ce pays ", a pour sa part estimé Jean-Yves Le Drian.

Contexte géopolitique tendu

La vente intervient par ailleurs dans un contexte géopolitique particulièrement tendu : l'Egypte a bombardé lundi des positions du groupe Daech en Libye, quelques heures après la revendication par l’organisation jihadiste de la décapitation de 21 chrétiens coptes égyptiens, kidnappés en janvier.

Pour la France, la signature de ce premier contrat est une aubaine car elle permet de résoudre en partie l'équation de la Loi de programmation militaire 2014-2019, qui stipule que des "livraisons à l'exportation du Rafale sont également prévues permettant d'atteindre une cadence de production satisfaisante".

En ligne de mire, les marchés indien et qatari

Cette première permet enfin d’en espérer d’autres : la France mise en particulier sur l'Inde, avec laquelle Dassault est en négociations exclusives depuis janvier 2012 pour 126 Rafale, et sur le Qatar (36 appareils).

> Pour aller plus loin : 

Le Rafale, histoire d'une stratégie perdante La très longue histoire du Rafale                                             

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