"J'ai 42 paires dans le salon" : l'engouement des collectionneurs français de baskets pour les sneakers

Les sneakers connaissent un vrai boom économique depuis cinq ans en France. Elles sont même devenues le coeur d'un véritable marché spéculatif sur internet.

Article rédigé par
Anne-Lyvia Tollinchi - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Gérard, dans son appartement rempli de sneakers. (ANNE-LYVIA TOLLINCHI / RADIO FRANCE)

Un million d'euros la paire de basket. Vous ne rêvez pas, c'est bien le prix de départ des "Air Yeezy", une paire de chaussures portée par Kanye West en 2008, qui est revendue aujourd'hui aux enchères à Hong Kong. Jamais une paire de sneakers, des chaussures de sport que l'on porte dans la vie de tous les jours, n'aura été vendue aussi cher.

Cet engouement a gagné la France et ces chaussures connaissent un vrai boom depuis cinq ans. Dans son appartement de 30 m2, Gérard empile ainsi ses paires de baskets les unes sur les autres. "J'en ai 42 dans le salon et une petite dizaine dans ma chambre", dit-il.

"Ça représente, je dirais, entre 100 ou 150 euros par mois. À l'année, ça me fait un peu mal de calculer mais ça fait beaucoup."

Gérard

à franceinfo

Il en a même accroché deux au plafond à la place du lustre. Et pour cet étudiant parisien, il n'y en a jamais assez. Sur son téléphone, il scrute de près les nouveaux modèles particulièrement difficiles à obtenir. "Il y en a quand même beaucoup que j'essaie d'avoir quasiment chaque semaine, explique Gérard. Et j'essuie refus sur refus, ou rupture de stock. Cette paire là, par exemple, je pense que j'ai une chance sur vingt de l'avoir."

En coulisses, les réseaux s'organisent

Si Gérard n'y croit pas trop, c'est parce qu'il sait que les revendeurs auront de l'avance sur lui. En coulisses, tout un réseau s'organise pour acheter les sneakers à l'heure exacte de leur sortie pour pouvoir les revendre plus cher. "Cette paire était vendue à 200 euros et c'est une paire qui coûte une centaine d'euros à l'achat", indique Aaron, qui paie tous les mois un abonnement de 20 euros pour avoir des informations et des algorithmes qui trouvent les chaussures avant tout le monde.

"On ne peut pas se pointer du jour au lendemain devant un magasin pour acheter la paire si on ne passe pas par les réseaux ou par les gens qui nous fournissent l'information."

Aaron

à franceinfo

Très prisé par les jeunes, le marché attire aussi des passionnés plus âgés. Cédric a 35 ans et s'est mis à revendre des paires sur son temps libre. "Quasiment tous les samedis, tous les week-end, on sait qu'il y a une paire qui va sortir, indique le trentenaire. Samedi, par exemple, il y a une paire très attendue qui sort, la Jordan 1."

"Je compare cela à la bourse, c'est une espèce d'investissement. Il y a un moment j'y accordais vraiment beaucoup de temps. J'étais constamment sur mon téléphone ou mon ordinateur à flairer la bonne affaire."

Aaron

à franceinfo

"Ma conjointe m'a dit qu'elle en avait marre de me voir sortir à 23 heures, traverser toute l’Île-de-France pour aller chercher une paire et rentrer à une heure du matin, poursuit Aaron. Maintenant, j'essaie de faire ça un peu plus intelligemment." En fonction des sorties, Cédric gagne entre 100 et 3 000 euros par mois. Et le marché de la revente est en pleine expansion : il devrait atteindre les six milliards de dollars d'ici 2025.

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