Le jouet français résiste à la crise

Les fabricants et créateurs de jouets français comptent bien oublier l'année de crise que leur secteur vient de traverser, pour conquérir d'avantage le marché hexagonal.

Après une année marquée par la crise, et la reprise de plusieurs de ses magasins, La Grande Récré pourrait trouver son salut dans le jouet français.
Après une année marquée par la crise, et la reprise de plusieurs de ses magasins, La Grande Récré pourrait trouver son salut dans le jouet français. (DANIEL FOURAY / MAXPPP)

Après une année de crise dans le monde du jouet, l'Association des Créateurs-Fabricants de Jouets Français (ACFJF) organise son salon "Jouer Français", depuis mercredi et jusqu'au samedi 10 novembre, à Paris. Pour la première fois, quelques centaines de visiteurs sont admis sur inscription mais ce sont surtout les professionnels qui sont attendus dans les allées. 

La grande distribution prête à jouer le jeu

Aujourd’hui, seulement 10% des jouets vendus en France sont conçus et fabriqués dans l’Hexagone. L’objectif d'ACFJF est de faire mieux en convaincant les "sélectionneurs" comme Benoit Auret qui travaille pour les 1 500 magasins de U enseigne.

Entre les stands de poupées, de nounours et de petites voitures, il se dit "très attentif au prix" mais surtout "à la qualité des assortiments". "Tant pis si les prix sont un peu plus élevés sur des produits qui le méritent", déclare Benoît Auret en assurant que "c'est même plutôt bien accueilli" par les clients.

Le made in France comme argument de vente

Après la fermeture d'enseignes spécialisées Toys'R'Us et La Grande Récré cette année, le salon "Jouer Français" propose ce qui pourrait être une force. "Il y a un nouvel engouement", constate Annick Bourelly derrière son stand de jeux sur le thème de la nature Bioviva. Selon elle, "les KO" des magasins spécialisés ont "inquiété". D'où l'intérêt, pense-t-elle, "de trouver de nouveaux clients".

Le jouet français permet d'avoir des offres différentes de celles de la grande distribution ou d'internet. C'est un des enjeux du commerce spécialisé.Philippe Gueydon, DG groupe King Jouet

Le problème souvent pour les jouets français est de réussir à se faire connaître. Le président de Picwic, qui vient de reprendre 44 enseignes Toys'R'Us, reconnaît une "pression marketing des grandes marques". Romain Mulliez parle carrément d'"un mur du bruit difficile à percer quand on a moins de moyens". Il se fixe une mission : "À nous d'aider les industriels français !".

Une forte capacité de livraison, de stockage et de création

Surtout qu'il y a de très bonnes raisons d'acheter des jouets français selon Jacques Écoiffier, président de l'entreprise du même nom qui fabrique des dînettes et des mallettes de docteur depuis plus 70 ans dans le Jura. "Nous sommes capable de livrer des produits différents, dans le même temps, à Leclerc et JouéClub. C'est ce qu'ils demandent tous, précise-t-il. On peut en plus les livrer du jour au lendemain, ou en deux heures en ce qui concerne par exemple les plateformes Carrefour""L'intérêt pour eux, ajoute-t-il, c'est qu'ils n'ont pas de stock puisque c'est nous qui le gérons. Notre capacité de création est très forte, c'est pour ça qu'on est encore là et qu'on essaie de résister".

À ce jour, le jouet français représente 14% de la production mondiale... Loin des 65% du joujou chinois.

Le reportage de Sophie Auvigne
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