L'usine Arjowiggins Security mise en liquidation : "Je continue à y croire parce que les salariés sont exceptionnels"

Anne Chain-Larché, sénatrice Les Républicains, demande à l'État d'intervenir pour sauver les 240 salariés du site papetier.

Les salariés du site papetier Arjowiggins Security, situé à Jouy-sur-Morin, en Seine-et-Marne, bloquent leur usine menacée de fermeture.
Les salariés du site papetier Arjowiggins Security, situé à Jouy-sur-Morin, en Seine-et-Marne, bloquent leur usine menacée de fermeture. (MAXPPP)

"Je continue à y croire parce que les salariés sont exceptionnels et leur savoir-faire est unique", a déclaré mardi 29 janvier sur franceinfo Anne Chain-Larché, sénatrice Les Républicains. Les salariés du site papetier Arjowiggins Security, situé à Jouy-sur-Morin en Seine-et-Marne depuis 400 ans, continuent de se battre pour leur avenir. L'entreprise fabrique des billets de banque et fournit du papier sécurisé pour les cartes grises, passeports ou permis de conduire. Depuis la mise en liquidation de l'entreprise prononcée le 16 janvier dernier, des salariés occupent jour et nuit le site et brûlent les stocks de papier. Une nouvelle réunion a lieu mardi à la sous-préfecture de Provins, en présence d'un conseiller de Muriel Pénicaud, la ministre du Travail. Pour Anne Chain-Larché, le sauvetage de cette usine est une question de "sécurité nationale".

franceinfo : Comment on en est arrivé là ?

Anne Chain-Larché : Il y a eu des repreneurs, mais ces repreneurs se sont comportés comme des voyous, dépeçant littéralement l'entreprise en la vendant par 'appartement', selon l'expression consacrée. En vendant des brevets, en vendant des filiales et en faisant en sorte qu'il n'y ait pas beaucoup d'espoir. C'est un savoir-faire qui est sur notre territoire, qui est notre véritable patrimoine, transmis de génération en génération. C'est une véritable catastrophe pour le territoire. 240 emplois pour une communauté de communes de 27 000 habitants, c'est 240 familles qui ne vont plus pouvoir payer leurs emprunts, rembourser leur maison, élever leurs enfants et avoir un avenir digne. Je continue à y croire parce qu'ils sont exceptionnels et leur savoir-faire est unique.

L'État doit-il intervenir pour les sauver ?

Oui. Ils ont imaginé la création d'une Scop (société coopérative et participative). Pour autant, ils ont besoin de s'adosser à une banque. Je propose par voie d'un courrier que j'ai adressé au président de la République que la Banque publique d'investissement [BPI] adosse ce projet de Scop, de reprise par les salariés de l'entreprise.

Et si cela échoue ?

Je démontre que cela devient une véritable stratégie nationale. Aujourd'hui, tous nos papiers officiels passent par cette usine et par la fabrication de ces papiers sécurisés. Si demain le marché est confié soit à l'Asie soit à l'Indonésie, quid des fraudes ? Quid de la sécurité ? J'en reviens à une stratégie nationale face à un problème de sécurité nationale. Sous-main mise de l'Etat, sous forme d'un Epic (Établissement public à caractère industriel et commercial) qui pourrait être créé par l'Etat et permettrait de réserver un avenir pour cette entreprise.