Ascoval : la justice valide le plan de reprise "modifié"

Créée en 1975 par le sidérurgiste Vallourec et devenue Ascoval en 2017, l'aciérie, qui fabrique des tubes d'aciers spéciaux, attend un repreneur depuis la liquidation judiciaire, en février 2018, du groupe Asco Industries.

L\'usine British Steel, entreprise de fabrication de rails de chemin de fer, à Hayange (Lorraine), le 22 mai 2019.
L'usine British Steel, entreprise de fabrication de rails de chemin de fer, à Hayange (Lorraine), le 22 mai 2019. (MAXPPP)

C'est un dossier emblématique de la désindustrialisation, devenu un marqueur de la politique industrielle du quinquennat d'Emmanuel Macron. Le tribunal de commerce de Strasbourg a validé, mercredi 24 juillet, le plan de reprise "modifié" de l'aciérie nordiste Ascoval par le britannique Olympus. Le 2 mai, le tribunal avait validé le plan de reprise par Olympus, repreneur de l'usine de Saint-Saulve (Nord) et maison mère de British Steel, mais trois semaines plus tard, British Steel avait été mis en faillite par les autorités britanniques.

Dans son délibéré, le tribunal a annoncé qu'il faisait "droit à la requête en modification du plan", présenté vendredi par Olympus, lors d'une audience à huis clos de près de trois heures. La faillite du groupe British Steel, numéro 2 du secteur derrière Tata Steel, ne touche pas directement Ascoval mais a évidemment jeté le doute sur le dossier de reprise d'Olympus, qui a dû donc montrer vendredi une copie amendée lors d'une audience "technique".

Sur deux sites repris, un seul en France

Début juin, Marc Meyohas, représentant du nouvel actionnaire d'Ascoval, le fonds d'investisements Greybull Capital qui détient les rênes d'Olympus, avait dévoilé aux salariés du site nordiste sa stratégie. Il souhaite ne reprendre, dans le cadre de la liquidation du groupe British Steel, que le site de Hayange (Moselle) et celui aux Pays-Bas, avec l'idée qu'Ascoval, où travaillent encore 270 personnes, les alimente en acier.

Selon le quotidien britannique Financial Times (pour abonnés, en anglais), Greybull souhaiterait intégrer sous une seule bannière les activités de fabrication de rails d'Hayange et d'acier long de FN Steel, produit aux Pays-Bas, avec celles d'Ascoval. Greybull, qui table sur une vente de British Steel à la découpe, avait annoncé début juillet avoir reçu plusieurs offres de reprise. Vendredi, ce plan était toujours d'actualité, ont indiqué à l'AFP Cédric Orban, directeur d'Ascoval, et Bruno Kopczynski. Toutefois, "ça n'était pas le sujet" de l'audience, ce pan du dossier étant dans les mains des liquidateurs britanniques, selon l'avocat d'Ascoval.