Ayrault relance la "remise à plat de la fiscalité"

Le Premier ministre déclare aux "Echos" vouloir ranimer le débat sur la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, lors d\'une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, le 1er novembre 2013, à Moscou (Russie). 
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, lors d'une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine, le 1er novembre 2013, à Moscou (Russie).  (MICHAEL KLIMENTYEV / RIA NOVOSTI / AFP)

"Le système fiscal français est devenu très complexe, quasiment illisible", admet le Premier ministre. C'est pourquoi Jean-Marc Ayrault explique qu'il veut "remettre à plat notre fiscalité", dans un entretien aux Echos, publié lundi 18 novembre. Il ressuscite ainsi l'une des promesses phares de François Hollande, pendant la campagne de 2012. Voici ce qu'il faut retenir de cet entretien.

Pourquoi réformer la fiscalité ?

Parce que les Français ne le comprennent plus, selon le Premier ministre. "Le système fiscal français est devenu très complexe, quasiment illisible et les Français, trop souvent, ne comprennent plus sa logique ou ne sont pas convaincus que ce qu’ils paient est juste, que le système est efficace", déplore Jean-Marc Ayrault.

Il précise que cette remise à plat interviendrait "à prélèvements obligatoires constants". "Jusqu'ici, nous avons répondu à l'urgence pour redresser la barre, il nous faut désormais bâtir pour l'avenir", dit-il.

En outre, la réforme fiscale était l'un des piliers de la campagne pour la présidence de la République de François Hollande, qui promettait une "révolution fiscale". Le candidat voulait "simplifier" le maquis des impôts en France en les rendant plus "équitables".

Qu'envisage le Premier ministre ?

Tout reste à définir, semble-t-il. Interrogé par les Echos sur la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, promise par François Hollande, puis oubliée, Jean-Marc Ayrault répond : "Cette question fera partie du débat. L’objectif, c’est de parvenir à des règles plus justes, plus efficaces, et plus lisibles."

Sur les hausses de TVA prévues au 1er janvier, destinées à financer le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), et très critiquées, le Premier ministre est ferme : "Revenir sur la hausse de la TVA pour certains secteurs, ce serait revenir sur la baisse du coût du travail. Et cela, il n'en est pas question."

Se posant en "réformateur, "comme le président de la République", Jean-Marc Ayrault mise sur la concertation pour mettre au point un projet à présenter au Parlement. "Je vais rencontrer dans les prochains jours l’ensemble des partenaires sociaux", annonce-t-il aux Echos. "Dans ce dialogue, on évoquera la politique de l’emploi, les investissements, la formation professionnelle et le pouvoir d’achat".

Quelle échéance Ayrault a-t-il fixé ?

Aucune précisément. Mais à la question "visez-vous le budget 2015 ?", il répond : "Oui. Au terme de la concertation, le gouvernement prendra ses responsabilités comme il l’a fait pour les retraites, et fera ses propositions au Parlement."