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"La fermeture aurait été catastrophique": le soulagement des structures d'accueil après la prolongation des hébergements d'urgence jusqu'en mars 2022

Après l'annonce par le gouvernement de la prolongation de 43 000 places d'hébergement d'urgence ouvertes depuis le début de la pandémie jusqu'en mars 2022, les structures d'accueil comme cet hôtel géré par l'Armée du Salut expriment leur soulagement.

Article rédigé par
Théo Boscher - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un ancien hôtel transformé en centre d'hébergement, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, le 12 mai 2021. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

Dans sa chambre d'hôtel, Binta vit avec sa fille de un an et son mari : un lit et une salle de bain pour trois avec la vue sur le périphérique. Depuis le début de la pandémie, cette chambre est tout ce qu'elle a. "Vraiment, nous sommes bien ici, indique-t-elle. Les assistantes sociales nous aident pour manger, matin midi et soir. Certains passent la nuit dehors, heureusement que nous, nous sommes protégés."

Le gouvernement a en effet prolongé les 43 000 places d'hébergement d'urgence ouvertes depuis le début de la pandémie jusqu'en mars 2022. Au-delà donc de la fin de la trêve hivernale le 1er juin. Aussi, dans les structures d'hébergement comme cet hôtel déserté par les touristes et géré par l'Armée du Salut à Aubervilliers au nord de Paris, c'est un soulagement. Près de 200 personnes sont hébergées, dont Jocelyne, mère isolée qui rêve de ne plus passer d'un centre à l'autre.

"Aller d'un endroit à un autre ça fait un peu mal. On n'a pas notre endroit à nous. Il y a des choses qu'on ne peut pas faire... On est un peu freinés."

Binta

à franceinfo

Les couloirs de l'hôtel sont silencieux. Derrière les portes vivent des réfugiés, des demandeurs d'asile, mais aussi des parents isolés ou des familles. Une variété de profils qui exigent une prise en charge sur mesure de la part de Netty Losy, éducatrice spécialisée. "Cela nous rassure, explique-t-elle, de savoir que les personnes ne sont pas à l'extérieur, à la rue, notamment pour les familles pour lesquelles il y a des enfants. On voit quand même que les personnes sont vraiment très fragilisées, alors nous les rassurons par rapport à cela. Ensuite, on commence les démarches administratives.

Ne pas laisser les personnes sombrer

Des démarches pour un emploi, l'accès aux soins, un logement durable, un travail de longue haleine. Le prolongement des places d'hébergement donne un peu d'air à Dieudonné Kobanda le responsable du centre. "On ne pouvait pas faire autrement, indique-t-il. L'idée, c'est de ne pas laisser ces personnes sombrer. Tous les centres sont presque occupés. La fermeture aurait été catastrophique. Mais maintenant, il faudra qu'on travaille à l'après." L'association attend toujours de savoir si la réquisition de l'hôtel sera bien prolongée par le préfet. 

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