Froid : des SDF arrêtés en Belgique pour être mis à l'abri

Faut-il forcer les SDF à se mettre à l'abri ? À Etterbeek, un quartier de Bruxelles (Belgique), les autorités ont autorisé les arrestations administratives. La nuit dernière, une dizaine de sans-abri ont donc été conduits dans des centres.  

Voir la vidéo
FRANCE 2

-6°C dans les rues de Bruxelles le 26 février au soir, et comme chaque soir, des SDF refusent de rejoindre les centres d'accueil qu'ils jugent sales ou peu sûrs. Mais à Etterbeek, une commune de Bruxelles, de 20h à 7h, ils n’ont plus le choix. Ils sont amenés au chaud, de gré ou de force par des policiers. Une décision radicale et inédite du maire : "C'est une mesure de protection, plus qu'une mesure de privation de liberté. Je pense qu'il faut pouvoir prendre ses responsabilités en politique, savoir faire des choix. Ici, le choix, c'est protéger la personne avant tout", explique Vincent Gilles de Wolf.

Une mesure qui divise les associations

Les sans-abri sont amenés en priorité dans une maison de la commune. Ils ont des lits à leur disposition, ainsi que des draps en papier. Et s'ils refusent, ils sont placés au commissariat, en détention administrative, ce qui choque les principaux concernés. La mesure divise les associations et les travailleurs sociaux. Pour Freddy Simon, directeur de centre Croix-Rouge, "il serait dommage d'avoir des décès en rue, parce qu'une personne aurait refusé, ou que les autorités n'auraient pas fait le nécessaire pour protéger la personne". Ce n'est pas l'avis de Jean Peeters. Pour le responsable du Front SDF, "il y a peut-être -4°C, -5°C à l'abri, mais les gens sont habitués. On voit bien que la décision a été prise par des personnes qui ne connaissent strictement rien à la vie des sans-domicile." Une mesure qui a fait des émules en Belgique, puisque Charleroi a déjà pris la même décision, de même que Bruxelles centre, où seuls les mineurs pourront être placés de force, le temps d'une nuit.

Le JT
Les autres sujets du JT
Selon le Samu social, aujourd\'hui il manque au moins 3 000 places dans l\'agglomération parisienne.
Selon le Samu social, aujourd'hui il manque au moins 3 000 places dans l'agglomération parisienne. (VINCENT ISORE / MAXPPP)