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Chaque nuit, le Samusocial vient en aide aux femmes sans-abri, plus vulnérables

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brut : samusocial
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France Télévisions

De plus en plus en nombreuses, elles sont entre 60 et 100 femmes à passer la nuit dehors à Paris. À la rue, elles sont moins visibles et plus vulnérables. Une nuit avec le Samusocial. 

 

Tous les soirs, les équipes du Samusocial de Paris parcourent les rues de la capitale pour venir en aide aux sans-abri. En France, ils sont plus de 140 000 SDF selon l’Insee et leur nombre a doublé en 10 ans, d’après la Fondation Abbé-Pierre. Parmi ces sans-abri, « 22% sont des femmes isolées » d’après Eric Pliez, président du Samusocial de Paris. 

Des équipements d’hébergement inadaptés

Depuis janvier 2017, plus de cinq mille femmes ont appelé le 115 pour trouver une solution d’hébergement. Pour Fabien, éducateur spécialisé au sein du Samusocial de Paris, « c’est un phénomène nouveau par rapport au 115 » et donc « les pouvoirs publics ont du mal à s’adapter à cette situation-là. » Elles sont en effet de plus en plus nombreuses à se retrouver à la rue et le problème d’hébergement se pose. Eric Pliez explique : « Les équipements d’hébergement existants sont à la fois insuffisants et souvent inadaptés pour des femmes parce qu’ils ont été pensés pour des hommes. Quand on a des équipement mixtes, on a un vrai sujet de cohabitation entre les femmes et les hommes. » 

Le centre Romain Rolland à Montrouge, par exemple, accueille chaque jour 16 femmes en hébergement d’urgence et 12 en hébergement continu. Fabien présente l’une des chambres individuelles : « il y a un lit avec éventuellement un drap jetable pour des raisons d’hygiène. Il y a un espace sanitaire avec douche et toilettes dans la chambre, plus un petit lavabo. » Mais trouver une place d’hébergement n’est pas tâche facile. Tous les jours, trois femmes seules sur quatre n’en trouvent pas.

Des stratégies pour éviter les agressions 

Fabien fait savoir que « les femmes dans la rue sont fortement victimes de violences par les hommes et du coup elles développent énormément de méfiance envers les hommes en général, mais de manière plus grande, vis-à-vis de tout et de tout le monde ». Pascaline, à la rue depuis avril 2017, peut en témoigner : « Quand tu vois quelqu’un s’approcher, tu as peur, parce que tu ne sais pas à qui tu as affaire. On est confrontées à beaucoup de choses, le viol par exemple, des agressions physiques, des drogués, des gens agressifs. On a nos affaires entre nos jambes, de peur qu’on nous vole. On reste éveillées, on ne dort pas. »

Leur vulnérabilité, c’est l’une des raisons pour lesquelles, selon Fabien, « elles sont beaucoup moins visibles. » Elles développent alors des stratégies pour ne pas être victimes d’agressions. C’est pour cela qu’elles peuvent être « beaucoup plus mobiles que les hommes » selon lui. C’est le cas de Nicole, qui a passé six mois sans domicile fixe. Elle raconte que d'une heure jusqu’à quatre heures du matin, elle était « dans les bus, en faisant le tour de Paris pour ne pas rester sur un banc d’arrêt de bus. »

« Quand on rentre chez nous des fois, oui, c’est pas facile. »

Sandrine, infirmière au sein du Samusocial de Paris, raconte son combat face à la misère qu’elle voit au quotidien : « Vous êtes face à la pauvreté, à des personnes qui n’ont rien. Donc vous ne pouvez que partager avec eux quelque chose, que ça soit un café, de les emmener en centre, des adresses pour les informer, mais quand on rentre chez nous des fois, oui, c’est pas facile. » Cependant, malgré la tristesse, la colère ou la frustration, parfois il y a aussi « de la joie, des sourires », et de l’espoir. C’est le cas de Nicole : « Quand je suis arrivée ici, grâce à l’équipe du Samu, ça m’a remontée et là je suis battante pour repartir, non pas dans la rue, mais pour vivre normalement. »

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