À Marseille, "aucun des 400 immeubles évacués depuis un an n'a été réhabilité", déplore la Fondation Abbé Pierre

Depuis les effondrements de la rue d'Aubagne, "seule l'urgence a été traitée, sans attaquer le problème de fond", explique Florent Houdmon de la Fondation Abbé Pierre PACA. Il y aurait encore 40 000 logements indignes dans la ville.

Un immeuble insalubre dans le centre-ville de Marseille, le 5 mai 2019. 
Un immeuble insalubre dans le centre-ville de Marseille, le 5 mai 2019.  (BORIS HORVAT / AFP)

Un an après les effondrements des immeubles de la rue d'Aubagne à Marseille,  le directeur de l’agence PACA de la Fondation Abbé Pierre, Florent Houdmon, déplore sur franceinfo "le manque de réponse sur le long terme et sur la lutte contre l'habitat indigne de la part des pouvoirs publics." 

Alors qu'une cérémonie était organisée rue d'Aubagne mardi 5 novembre en hommage aux huit victimes, le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin s'est lui recueilli dans sa mairie."En un an, nous aurons pris quantité de décisions sur l'habitat insalubre," a assuré l'élu au pouvoir depuis un quart de siècle.

Or selon Florent Houdmon "depuis les effondrements400 immeubles ont été évacués et aucun à ce jour n'a été réhabilité. En un an, on a vraiment traité que l'urgence sans attaquer le fond : lutter contre l'habitat indigne, contre les propriétaires indélicats, racheter des immeubles par la puissance publique pour produire du logement social, mettre en place l'encadrement des loyers. Un certain nombre d'outils sont connus et fonctionnent ailleurs. Il faut une vraie volonté politique pour les mettre en place à Marseille."

Un Marseillais sur huit vit dans un logement indigne

"La première mesure à appliquer, explique-t-il, c'est de créer suffisamment de logements sociaux et accessibles." Le centre ville de Marseille ne dispose aujourd'hui que de 4 % de logements sociaux, alors que "le taux de pauvreté est entre 30 et 50%", selon le directeur.

"Ensuite il faut un vrai plan, un plan Marshall pour lutter contre l'habitat indigne," défend-t-il.

On estime qu'il y a 40 000 logements indignes dans Marseille, c'est 100 000 Marseillais, soit un habitant sur huit. On pourrait résoudre ce défi en dix ans avec une volonté politique.Florent Houdmonà franceinfo

Seuls 17 millions d'euros versés sur les 240 promis 

L'année dernière le gouvernement avait promis une aide de 240 millions d'euros pour lutter contre l'habitat indigne à Marseille. Aujourd'hui, seuls 17 millions ont été versés. Une réponse insuffisante pour Florent Houdmon qui estime que "c'est aussi le rôle des collectivités locales de prendre leur part des responsabilités et d'agir." Le directeur de la Fondation Abbé Pierre "interpelle" donc "l'ensemble des candidats aux municipales [pour] faire du logement la priorité numéro un du prochain mandat".