Mal-logement : "On peut sortir du problème des sans domicile en 5 ou 10 ans", selon la fondation Abbé Pierre

La Fondation Abbé Pierre présente, mardi, son rapport annuel sur le mal-logement. En dix ans, le nombre de sans domicile fixe a bondi de 50 %. Invité de franceinfo, Christophe Robert, délégué général de la Fondation, estime que le problème peut être résolu "en cinq ou dix ans".

Le nombre de sans domicile fixe a augmenté de 50 % en dix ans, selon la Fondation Abbé Pierre.
Le nombre de sans domicile fixe a augmenté de 50 % en dix ans, selon la Fondation Abbé Pierre. (VINCENT ISORE / MAXPPP)
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La Fondation Abbé Pierre présente, mardi 31 janvier, son 22e rapport annuel sur le mal-logement. En dix ans, le nombre de sans domicile fixe a augmenté de 50 %. Christophe Robert, délégué général de la Fondation, est revenu, sur franceinfo, sur les avancées et les "reculades" du quinquennat en ce qui concerne le mal-logement. Il estime que le sujet peut être résolu "en cinq ou dix ans".

franceinfo : En cinq ans de gauche au pouvoir, y a-t-il eu des progrès sur la question du mal-logement ?

Christophe Robert : C'est le cas sur un certain nombre de registres : la loi sur l’encadrement des loyers, même si elle n’a été appliquée que partiellement, ou la loi sur la transition énergétique qui prend à bras le corps la rénovation nécessaire des logements.

On peut évoquer le nombre de places d’hébergement qui ont augmenté significativement, il y en a 40 000 supplémentaires. Mais, aujourd’hui, on a quatre millions de mal logés et un million de pauvres en plus en dix ans. On pointe aussi les reculades, les renoncements de ce quinquennat, pour être en capacité de proposer des solutions aux candidats. On pense sincèrement que, si on veut, on peut sortir du problème des sans domicile en cinq ou dix ans.

L’accès au parc social pour les très bas revenus reste un problème en France ?

On parle de lutte des places dans l’accès au logement social parce qu'il y a trop de demandeurs : 1,8 million de dossiers et 500 000 attributions par an. Dans ces 500 000 attributions, il faut rehausser le niveau d’attribution aux ménages les plus défavorisés.

On ne dit pas que le logement social doit être réservé aux pauvres. Il doit continuer à avoir cette fonction plus généraliste pour les catégories modestes, les classes moyennes inférieures, mais au moins 25 % de ces attributions viennent pour les personnes en grande difficulté : les sans domicile, ceux qui sont menacés d’expulsions, dont le chiffre a bondi de 24 % l’année dernière.

Vous demandiez la mobilisation du parc privé, avec contrepartie pour les propriétaires. Qu'en est-il actuellement ?

Ça fait 5 ans qu’on bataille sur ce plan. On peut mobiliser au moins 40 000 logements par an dans le privé, certains propriétaires sont prêts à baisser un peu les loyers. En contrepartie, ils peuvent bénéficier de crédits d’impôts ou d’avantages. Ils veulent aussi des loyers garantis et que la qualité de leur logement soit respectée. Nous pensons que c’est un axe majeur du quinquennat à venir.