Tapie tape sur la vision "nord-coréenne" de Montebourg

Dans "Le Parisien", l'homme d'affaires accuse le ministre d'être intervenu pour l'empêcher de prendre le contrôle des journaux du Groupe Hersant Médias.

Bernard Tapie, le 10 septembre 2008 à Paris.
Bernard Tapie, le 10 septembre 2008 à Paris. (BENOIT TESSIER / AFP)

ECONOMIE – "Montebourg veut choisir les entreprises, les plans d’action, c’est une vision nord-coréenne de l’économie." Bernard Tapie ne cache pas sa colère envers le ministre du Redressement productif, dans une interview au Parisien mardi 11 décembre. Il reproche à Arnaud Montebourg son interventionisme dans la vente des journaux détenus par le Groupe Hersant Médias (GHM), qu'il souhaitait acquérir.

Fin novembre, le très médiatique homme d'affaires avait fait une offre portant sur un cinquantaine de millions d'euros pour racheter La Provence, les journaux du groupe Nice-Matin et du groupe France-Antilles, appartenant à GHM. Avant d'y renoncer début décembre, faute d'accord des banques créancières du groupe.

Une intervention "incompréhensible" du ministre

Selon lui, Arnaud Montebourg a pesé de tout son poids pour soutenir une offre concurrente, celle du groupe belge Rossel. "Le jour où Rossel a fait sa proposition, [le DG de Rossel] a dit au téléphone au DG d’Hersant : 'Je n’étais pas intéressé, le cabinet de Montebourg m’a harcelé pour me convaincre. Quand je leur ai dit que je n’avais pas d’argent, ils m’ont dit que la BNP (qui a choisi de soutenir l'offre de Rossel) paierait 100%.'", raconte Tapie au Parisien, jugeant "incompréhensible" "qu'un ministre fasse du forcing" sur ce dossier. 

Bernard Tapie revient aussi sur les raisons qui l'ont conduit à se porter candidat à la reprise de ces journaux. Il ne prévoit aucun retour en politique, assure-t-il, mais souhaite revenir aux affaires dans la région PACA. "Ce deal me plaisait. Le Méridional, c’est un citoyen que je connais bien, auquel je m’identifie. Plus fier que la moyenne, et un peu mégalo, dans le bon sens du terme."