Rafale : un milliard d'euros de contrat de développement de l'Etat pour Dassault Aviation

Cette somme sera destinée à moderniser l'avion de combat français, avec l'espoir de l'exporter pour la première fois.

Le Rafale du groupe français Dassault effectue un vol de démonstration le 6 février 2013 à Bangalore (Inde).
Le Rafale du groupe français Dassault effectue un vol de démonstration le 6 février 2013 à Bangalore (Inde). (REUTERS)

L'Etat français croit toujours au Rafale. Le ministère de la Défense annonce vendredi 10 janvier un investissement d'un milliard d'euros afin de moderniser l'avion de combat de Dassault Aviation, qui équipe l'armée de l'air et la marine. Ce contrat avait été notifié au constructeur en décembre mais pas rendu public. 

Cette nouvelle version (standard F3R) permettra notamment d'intégrer à l'avion de combat le nouveau missile longue portée Méteor et la nacelle de désignation laser de nouvelle génération "PDL NG".  "C'est un signal très clair de notre volonté d'investir sur le Rafale, et sur tout un secteur stratégique, celui de l'aéronautique de combat, pour le maintenir au meilleur niveau mondial", explique le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. L'avion, dont la première version est entrée en service en 2004 dans la Marine nationale, évolue en permanence et intègre de nouveaux équipements. Il est déjà passé par les standards F1, F2 et F3.

Le nouveau standard renforcera les atouts du Rafale dans les compétitions à l'exportation, souligne Dassault, qui espère signer cette année avec l'Inde sa première commande de Rafale à l'étranger.

L'Etat et Dassault espèrent l'exportation d'ici 2016

Le nouveau standard permettra d'équiper le Rafale du futur missile air-air européen Meteor, d'une portée sans équivalent dans le monde. Le missile Meteor équipera également les chasseurs Eurofighter (une co-production européenne) et suédois Gripen. Une nacelle de désignation laser de nouvelle génération développée par Thales sera ajoutée sous l'avion qui intégrera une version à guidage terminal laser de bombes guidées produites par Sagem (groupe Safran). Cinq cents entreprises françaises sont associées à la production du Rafale, selon Dassault.

Ce contrat devrait également permettre à Dassault d'amortir la baisse du rythme des commandes de Rafale. Alors que le constructeur avait obtenu de livrer 11 Rafale par an à la Défense pour garantir une cadence minimale de la chaîne de production, la loi de programmation militaire ne prévoit plus que l'acquisition de 26 appareils au total sur les six ans à venir. L'Etat et Dassault comptent donc sur l'exportation pour prendre le relais d'ici 2016. L'officialisation de cet investissement intervient aussi après l'annonce mi-décembre de l'échec de la vente du Rafale au Brésil, après plus de dix ans de négociations.