Alstom choisit l'offre de General Electric, le gouvernement pris de court

Le PDG de General Electric a adressé une lettre à François Hollande assurant vouloir augmenter le nombre d'emplois en France.

Un employé d\'Alstom devant un logo de General Electric, le 29 avril 2014, à Belfort.
Un employé d'Alstom devant un logo de General Electric, le 29 avril 2014, à Belfort. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Un vote sans ambiguïté. Le conseil d'administration d'Alstom a accepté à l'unanimité, mardi 29 avril, l'offre de General Electric de lui racheter sa branche énergie pour 12,35 milliards d'euros. Cette décision, qui prend de court l'Elysée, ne signe pas pour autant la fin du feuilleton, puisque Siemens, également intéressé, peut encore présenter une offre. Francetv info fait le point sur la situation.

Pourquoi Alstom préfère General Electric

L'offre de General Electric a convaincu les dirigeants d'Alstom, et en premier lieu son PDG, Patrick Kron, qui roule en faveur du rachat par l'entreprise américaine. Un éventuel mariage avec l'allemand Siemens est au contraire jugé trop difficile en raison de nombreux doublons dans les activités des deux entreprises.

Alors que le gouvernement se montre sceptique devant l'offre de General Electric, le PDG de l'entreprise américaine, Jeffrey Immelt, a adressé une lettre à François Hollande mardi soir. Dans ce courrier révélé par Les Echos, il explique sa complémentarité avec Alstom, s'engage notamment à augmenter le nombre d'emplois en France et promet d'implanter dans l'Hexagone quatre centres de décision. Selon Le Figaro, ces concessions auraient toutefois été jugées insuffisantes par l'entourage du ministre de l'économie, Arnaud Montebourg.

Comment va réagir Siemens

La décision d'Alstom ouvre une période d'un mois durant laquelle une expertise indépendante va étudier l'offre de General Electric. Pendant cette période, le groupe français pourra étudier d'éventuelles offres alternatives, dont celle, probable, de Siemens.

Le groupe allemand offrirait 10,5 à 11 milliards d'euros pour la branche énergie d'Alstom. En échange, il apporterait au nouvel Alstom la totalité de son activité transports (TGV, métros, etc.). Pour préparer son offre, Siemens demande à avoir accès aux données de l'entreprise et à rencontrer les dirigeants d'Alstom.

Le gouvernement pris de court

Le Premier ministre, Manuel Valls, affirmait mardi après-midi que l'Etat devait être "à la manœuvre" car "c'est un enjeu stratégique national", lors de son discours de présentation du programme de stabilité à l'Assemblée nationale. 

Interpellé lors des questions au gouvernement, le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, n'a pu que reconnaître qu'il était dépassé. "Monsieur Patrick Kron, alors que je l'ai interrogé dûment, solennellement et sérieusement, m'a toujours dit qu'il n'avait aucun projet d'alliance", a-t-il lancé à l'Assemblée. "Est-ce que le ministre de l'Economie doit aller installer un détecteur de mensonges dans son bureau ? Pour les présidents du CAC 40 qui n'ont pas le civisme élémentaire d'avertir leur gouvernement ?" a-t-il ajouté.

Mardi soir, l'Elysée souhaitait toujours "avoir du temps" pour permettre à une ou plusieurs offres alternatives à celle de General Electric d'émerger.