Condamnation de Mathieu Gallet en première instance : ''Il n'a aucune raison de démissionner", assure son avocat

Alors que le Conseil supérieur de l'audiovisuel se réunit mercredi pour décider du sort du PDG de Radio France, condamné en première instance pour favoritisme à un an de prison avec sursis, son avocat se veut confiant.

Mathieu Gallet arrive au tribunal correctionnel de Créteil le 16 novembre 2017.
Mathieu Gallet arrive au tribunal correctionnel de Créteil le 16 novembre 2017. (THOMAS SAMSON / AFP)

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) doit se réunir mercredi 17 janvier pour trancher sur le sort de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, deux jours après sa condamnation à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende pour favoritisme quand il dirigeait l'Institut national de l'audiovisuel (INA) entre 2010 et 2014. Mathieu Gallet a fait appel du jugement.

''Il n'a aucune raison de démissionner", martèle son avocat, Me Christophe Ingrain sur franceinfo mercredi 17 janvier. "Je suis persuadé qu'il sera relaxé en appel", dit-il, mettant en cause une décision "fragile" prononcé par le tribunal correctionnel de Créteil.

Franceinfo : pourquoi Mathieu Gallet reste-t-il président de Radio France ?

Christophe Ingrain : Il n'a aucune raison de démissionner. Nous avons fait appel. La cour d'appel réexaminera la totalité du dossier, donc il n'y a pas de condamnation à l'heure où on parle, elle ne figure pas sur son casier judiciaire. Mathieu Gallet n'a pas commis les faits qui lui sont reprochés. Le tribunal correctionnel de Créteil n'a pas l'habitude des dossiers techniques comme peut l'être un dossier pour favoritisme. C'est un tribunal très chargé. Cela va très vite, on ne peut pas s'expliquer complètement. Sur le fond du dossier, il n'y a pas de doute.

Le dossier est-il vide selon vous ?

Ah ça, pour être vide, il est vide, je vous le confirme. La condamnation prononcée lundi est fragile. Je suis persuadé qu'il va être relaxé en appel [à la cour d'appel de Paris].

N'y a-t-il pas un problème sur le plan moral ?

Un ministre mis en examen démissionne. Là, le président d'un groupe audiovisuel public reste en place malgré une condamnation en première instance. Ce qui est important, c'est de respecter la présomption d'innocence. Ou alors on supprime l'appel.

La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, qui appelle Mathieu Gallet à "tirer les conséquences" de sa condamnation, outrepasse-t-elle ses droits ?

Je ne sais pas. Je sais qu'elle dit des choses qui sont fausses et qui sont sanctionnées par la Cour de cassation. On ne peut pas dire que quelqu'un est condamné alors qu'il a fait appel. C'est une violation de la présomption d'innocence.