Huile de palme : le Nutella ne changera pas sa recette

Le fabricant de la célèbre pâte à tartiner n'a pas l'intention de modifier la recette de sa spécialité même si une taxe sur l'huile de palme qui entre dans la composition de son produit phare est votée.

Un amendement dit \"Nutella\" vise à augmenter de 300% la taxe sur l\'huile de palme a été adopté par la commission des Affaires sociales du Sénat.
Un amendement dit "Nutella" vise à augmenter de 300% la taxe sur l'huile de palme a été adopté par la commission des Affaires sociales du Sénat. (MAXPPP)

FRANCE - "Même si cette taxe est votée, nous n'allons pas modifier notre recette. Nous allons l'expliquer à nos consommateurs". Le directeur général de Ferrero, qui fabrique la pâte à tartiner Nutella, a indiqué dans une interview au Parisien publiée samedi 10 novembre que le groupe n'avait pas l'intention de modifier la recette de sa spécialité même si une taxe sur l'huile de palme qui entre dans la composition de son produit phare était votée.

Cet amendement dit "Nutella" visant à augmenter de 300% la taxe sur l'huile de palme a été adopté mercredi par la commission des Affaires sociales du Sénat dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013. "On s'attaque à un produit fabriqué en France depuis cinquante ans qui est l'un des préférés des Français. Les répercussions sont catastrophiques alors que les arguments avancés sont injustes", estime  Frédéric Thil.  La consommation en France est estimée à 130 000 tonnes par an, soit près de 2 kg par habitant. Le surcoût de la taxe est évaluée par les professionnels à 300 euros la tonne, ce qui augmenterait le kilo de Nutella de 6 centimes.

"Il ne faut pas en abuser"

 

Face aux arguments de ceux qui estiment que cette huile est néfaste pour la santé, Frédéric Thil reconnaît que "l'huile de palme, comme le beurre, le fromage, contient des acides gras saturés. Il ne faut pas en abuser". "Mais contrairement à d'autres huiles, on n'est pas obligé pour la travailler de passer par une phase d'hydrogénation qui crée des acides gras trans qui sont, eux, très mauvais pour la santé. Et c'est essentiellement pour cela qu'elle est utilisée dans le processus de fabrication", ajoute-t-il.

Quant aux arguments sur les risques pour l'environnement, le directeur général les balaye également : "Nous allons aussi montrer les démarches que nous menons auprès de nos producteurs en Malaisie. Depuis 2005, nous nous sommes engagés dans la labellisation internationale RSPO [une certification écologique]. Notre objectif est d'avoir à l'horizon 2015 une production 100% durable en évitant notamment les problèmes de déforestation", assure-t-il.