Le Maire appelle Suez et Veolia "à reprendre leurs discussions" pour conclure "un accord amiable"

Le ministre de l'Economie a évoqué des "progrès" dans les discussions entre les deux groupes, qui se sont livrés à une nouvelle passe d'armes dimanche par communiqués interposés.

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Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, à l'Assemblée nationale, le 29 septembre 2020. (ALAIN JOCARD / AFP)

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a appelé Veolia et Suez "à reprendre leurs discussions dans les prochaines heures afin de parvenir à un accord amiable" préservant les intérêts de chacun, lors d'une déclaration à la presse par téléphone dimanche 4 octobre. Le ministre a fait état de discussions intenses ce week-end entre les deux groupes. Pour lui, "ces progrès montrent qu'un accord est possible entre Veolia et Suez sur la cession de l'actif d'Engie dans Suez dans les prochaines heures".

Pour tenter de convaincre Engie de lui céder d'ici lundi soir ses parts dans Suez, Veolia s'est engagé "inconditionnellement" dimanche à ne pas lancer d'offre publique d'achat hostile sur son rival. "Toute offre publique d'achat sur le solde du capital de Suez nécessitera donc un accueil favorable préalable du conseil d'administration de Suez", affirme le groupe dans un communiqué, se targuant de rendre ainsi "possible la cession des 29,9% du capital qu'Engie détient dans Suez". Veolia s'est aussi dit prêt à élargir le périmètre des cessions d'actifs prévues après une fusion, ajoutant des activités dans l'eau à l'international à Suez Eau France et disant ainsi répondre à une demande formulée par Suez.

Pour Suez, "l'opération proposée reste hostile"

Sans attendre, ce dernier a dénoncé un communiqué "trompeur""Les propositions (...) ne reprennent pas l'objectif de logique industrielle. Dans ce contexte, (...) nous considérons avec le conseil d'administration de Suez réuni ce jour que l'opération proposée, notamment la première étape d'achat du bloc de 29,9% des actions de Suez [détenues] par Engie, reste hostile", écrit Philippe Varin, le président du conseil d'administration de Suez, dans une lettre adressée au PDG de Veolia Antoine Frérot et transmise par le groupe à la presse.

Veolia avait annoncé fin août son intention de constituer un géant du secteur en rachetant son rival historique Suez, qui s'y oppose de toutes ses forces. Face à cette résistance et aux garanties exigées par l'Etat, Veolia avait relevé mercredi 30 septembre l'offre faite à Engie, pour la porter à 3,4 milliards d'euros. L'actionnaire, qui a jusqu'à lundi minuit pour accepter, avait posé en préalable que Veolia formalise "son engagement inconditionnel de ne pas lancer d'offre publique d'achat qui ne soit pas amicale". Malgré l'opposition renouvelée de Suez, l'engagement pris par Veolia ouvre la voie, en théorie, au feu vert d'Engie à la cession de ses titres.

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