Décupler l'éolien en mer du Nord est "tout à fait possible", assure le Syndicat des énergies renouvelables

À Ostende, neuf chefs d'Etat et de gouvernement, dont Emmanuel Macron, ont participé à un sommet pour faire de la mer du Nord la "centrale énergétique verte" de l'Europe
Article rédigé par France Info
Radio France
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Des éoliennes dans le parc éolien Gemini offshore en mer du Nord, le 3 mai 2017. Photo d'illustration. (GEMINI WINDPARK / AFP)

Décupler l'éolien en mer du Nord est "tout à fait possible", a assuré lundi 24 avril sur franceinfo Alexandre Roesch, délégué général du Syndicat des énergies renouvelables (SER), alors qu'un sommet européen a scellé l'ambition de décupler le nombre d'éoliennes en mer du Nord pour en faire la centrale d'énergie verte de l'Europe.

Alexandre Roesch souligne que la technologie de l'éolien en mer est "très compétitive" et qu'il n'est pas "insurmontable d'attirer des financements". Si la France a accumulé du retard sur ses voisins, il y a "toute une série de projets qui sont en cours de développement", précise le représentant du Syndicat des énergies renouvelables.

franceinfo : Décupler le nombre d'éoliennes en mer du Nord, est-ce que c'est possible ?

Alexandre Roesch : C'est tout à fait possible. D'abord parce qu'on a une capacité industrielle sur le territoire français. On a en Europe douze sites de production pour les composants des éoliennes en mer. Sur ces douze sites, il y en a quatre qui sont sur le territoire français. Donc on a un vrai tissu industriel qui est présent. Et on pense que c'est possible parce qu'aujourd'hui c'est une technologie qui est très compétitive. Certes, il y a un enjeu de financement. Mais attirer des financements dans ce secteur, ce n'est pas quelque chose d'insurmontable étant donné qu'on est sur une technologie extrêmement compétitive.

Est-ce que l'on a besoin d'importer des matériaux ?

Aujourd'hui, on a besoin d'assez peu d'importations, puisqu'on a de grands équipementiers sur les différents composants. En France, c'est au Havre, à Saint-Nazaire et à Cherbourg. Et si on dézoome un petit peu et qu'on se positionne au niveau européen, on a encore une vraie avance industrielle. C'est vrai qu'il y a une concurrence asiatique qui arrive fortement. Mais il y a des réflexions en cours pour renforcer ce tissu industriel européen et pour accompagner cette montée en puissance.

Pourquoi la France a-t-elle du retard à rattraper sur l'éolien en mer ?

On est en retard par rapport à nos voisins européens d'abord parce qu'on a commencé un peu plus tard, notamment un peu plus tard que les Britanniques. On a commencé quasiment dix ans après eux. Le deuxième élément, c'est qu'on a lancé des appels d'offres en 2012-2014, ensuite on s'est arrêté pendant cinq ans et on a recommencé en 2019. Donc on a eu un peu une politique de stop and go. 

"Aujourd'hui, on a toute une série de projets qui sont en cours de développement. On a quasiment déjà dix gigawatts en France. L'enjeu maintenant, c'est de pouvoir continuer sur un rythme régulier de déploiement de ces futurs parcs."

Alexandre Roesch, délégué général du Syndicat des énergies renouvelables

à franceinfo

Est-ce que l'éolien en mer est plus efficace que les autres énergies renouvelables telles que les éoliennes terrestres ou les panneaux solaires ?

On a besoin de toutes les sources d'électricité et d'énergies renouvelables. D'abord parce que la consommation d'électricité va augmenter rapidement d'ici 2030-2035. C'est ce que dit le gestionnaire de réseau de transport RTE. Donc on ne pourra pas se passer de l'éolien terrestre et du solaire. Mais il faudra ajouter à ça l'éolien en mer qui a en effet l'avantage de pouvoir produire beaucoup d'énergie. Quand on est au large, on a des vents plus réguliers, on peut installer des machines de plus grande taille, donc plus puissantes, qui produisent beaucoup d'énergie. C'est vraiment quelque chose qu'il faut regarder en complémentarité avec les autres sources et également avec tous les efforts de sobriété énergétique qu'on ne doit pas oublier par ailleurs.

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