Suppressions de postes dans la fonction publique : "C'est forcément inquiétant pour les usagers"

Près de 4 170 postes seront supprimés dans la fonction publique d'Etat en 2019, selon le projet de loi de Finances présenté lundi en conseil des ministres. C'est moins que les 4 500 annoncés, mais cela reste "forcément inquiétant pour les usagers, pour l'organisation du service public lui-même" selon Mylène Jacquot, la secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques.

Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques, lors d\'une conférence de presse le 18 mai 2018.
Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques, lors d'une conférence de presse le 18 mai 2018. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Le projet de loi de Finances 2019 a été présenté lundi 24 septembre en conseil des ministres. Il prévoit notamment la suppression de près de 4 170 postes dans la fonction publique d'Etat, soit moins que les 4 500 annoncés précédemment par le Premier ministre. Tout de même, "c'est forcément inquiétant pour les usagers, pour l'organisation du service public lui-même", a réagi Mylène Jacquot, la secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques, sur franceinfo.

franceinfo : Que retenez-vous de ce projet de loi, plutôt les suppressions de postes ou le fait que moins de postes seront supprimés ?

Mylène Jacquot : Ce qu'on retient, c'est la manière dont le gouvernement aborde la réflexion sur la fonction publique, c'est-à-dire une réflexion qui est uniquement budgétaire, où, encore une fois on ne parle pas des missions : la transition écologique, les enjeux autour de l'éducation nationale... Quand on veut amener des jeunes à des niveaux de formation qui soient meilleurs, on peut quand même s'inquiéter des suppressions de postes qui sont annoncées.

On a des agents qui sont devant des enjeux énormes.Je pense par exemple à la question du prélèvement à la source, et c'est le ministère des Finances qui va rendre le plus de postes. Donc encore une fois, on ne parle pas des missions, on ne parle pas du travail des agents, qui sont là pour répondre quand même aux exigences des usagers - et c'est bien normal, c'est le cœur de notre activité au quotidien - et on ne parle de nous, encore une fois, que comme un coût, des postes à supprimer, des rémunérations à geler, et donc on fait peser sur 15 % de la dépense publique, soit la masse salariale, une exigence exorbitante d'économies.

L'argument selon lequel les suppressions de postes seraient compensées par une meilleure organisation ne vous convainc pas ?

Non, parce qu'on pense que ce serait mieux de mettre les choses dans l'ordre. Il faut s'interroger d'abord sur l'organisation et sur la manière dont on peut améliorer le système. Nous ne pensons pas vivre dans un monde idéal aujourd'hui, on peut forcément trouver des améliorations. Y compris certaines qui répondraient mieux à l'évolution des attentes des usagers. Mais commençons par faire ça, et ensuite interrogeons-nous sur les moyens nécessaires pour faire fonctionner ces services qui auraient su évoluer.