Réforme de la fonction publique : "Il y a urgence à écouter les Français et les organisations syndicales"

Le syndicat UNSA a réagi sur franceinfo à la lettre signée par huit organisations syndicales pour le Premier ministre. 

Luc Farré, secrétaire général de l\'UNSA Fonctionnaires, en mai 2018. 
Luc Farré, secrétaire général de l'UNSA Fonctionnaires, en mai 2018.  (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Huit syndicats ont écrit une lettre au Premier ministre, Édouard Philippe, pour lui demander de reporter la réforme de la fonction publique, a appris franceinfo lundi 11 février. Cette missive sera envoyée mardi, alors que la réforme doit être présentée mercredi aux syndicats par Olivier Dussopt, le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics. Interrogé sur franceinfo, Luc Farré, secrétaire général de l'UNSA Fonctionnaires, a estimé qu'il y avait "urgence (pour le gouvernement) à écouter les Français et les organisations syndicales". Voilà pourquoi, selon Luc Farré, il "faut reporter cette réforme et ne pas la faire en plein milieu du grand débat national".

franceinfo : Concernant cette réforme de la fonction publique, votre lettre signifie-t-elle qu'il y a urgence à prendre son temps ?

Luc Farré : Il faut que le gouvernement entende enfin les revendications des organisations syndicales, d'abord en ce qui concerne le pouvoir d'achat. Il y a urgence à enfin augmenter tous les agents publics, que ce soient les fonctionnaires ou les contractuels. Or, on ne peut le faire aujourd'hui qu'en augmentant la valeur du point d'indice, au minimum à la hauteur de l'inflation ou en suivant l'inflation. Tous les agents doivent être reconnus. Il suffit de regarder ce qu'il se passe dans notre pays aujourd'hui pour constater qu'il y a aussi des fonctionnaires et des agents publics qui ont des difficultés de pouvoir d'achat.

Les fonctionnaires sont-ils entendus par le gouvernement ?

Depuis l'arrivée au pouvoir de ce gouvernement, il n'y a pas eu d'écoute des organisations syndicales malgré une année de concertation qui s'est terminée le 30 octobre. Et depuis le 30 octobre, nous attendions ce texte qui va nous être présenté ce mercredi. Donc nous disons au Premier ministre qu'il faut reporter cette réforme et ne pas la faire en plein milieu du grand débat national. Il faut la faire après ce débat. Il y a urgence à écouter à la fois les Français mais aussi les organisations syndicales.

Cela veut-il dire que le texte qui vous sera présenté ce mercredi ne vous intéresse pas ?

C'est un texte du gouvernement et non un texte construit avec les organisations syndicales. C'est un texte qui va réduire un certain nombre de droits des agents publics. Le temps de la concertation nous a permis de comprendre ce que voulait faire le gouvernement. Il veut supprimer les commissions administratives paritaires qui gèrent les mutations et les promotions des agents. Il veut supprimer le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Nous disons au gouvernement que ce ne sont pas des choses positives pour la fonction publique. De plus, si nous devons modifier des éléments de la rémunération des agents publics, il faut tenir compte de la réforme des retraites pour que, au final, lorsque les agents publics partiront à la retraite, ils aient la même somme qu'aujourd'hui. Il faut comprendre qu'aujourd'hui les fonctionnaires, au moment de la retraite, ne sont pas mieux payés que les autres Français.