Doublement du salaire des enseignants : une proposition "inattendue" pour le SNPDEN, qui s'interroge sur "les contreparties"

Le secrétaire général du Syndicat National des Personnels de Direction de l'Éducation Nationale voit d'un bon oeil la proposition d'Anne Hidalgo mais estime que cela ne règlera pas le manque d'activité de la profession.

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Radio France
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Une enseignante dans une classe de CE2, le 19 janvier 2021, à Bruyères-le-Châtel (Essonne). (MYRIAM TIRLER / HANS LUCAS / AFP)

Alors que les salaires des enseignants en milieu de carrière ont globalement stagné en France entre 2010 et 2020, et restent nettement inférieurs à la moyenne des pays de l'OCDE, selon le rapport annuel "Regards sur l'éducation" publié jeudi 16 septembre, la proposition d'Anne Hidalgo de doubler le salaire des enseignants est "une mesure objectivement inattendue, une proposition que peu de gens avaient osé émettre", a réagi sur franceinfo Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du Syndicat National des Personnels de Direction de l'Éducation Nationale (SNPDEN). "L'annonce a surpris tout le monde." Mais Bruno Bobkiewicz s'interroge sur "la contrepartie" qui va avec. "On compare les salaires et c'est bien normal. On constate un retard effectif en France. Encore faut-il aller au bout de la comparaison et comparer ce que les personnels sont amenés à faire en termes de temps de travail, en termes de temps de présence dans les établissements. Et là, il y a également de gros écarts."

Renforcer l'attractivité des établissements "difficiles"

Le proviseur admet que le salaire fait partie de l'attractivité du métier. "Plus le salaire est élevé, plus vous avez des candidats." Mais ce critère "n'est pas le seul". Il compare avec l'Allemagne qui connaît aussi "un problème de recrutement", alors que "les salaires sont bien plus élevés à l'entrée". Bruno Bobkiewicz pointe "les conditions d'exercice, le suivi des carrières", ainsi que "la question de l'attractivité dans certains secteurs. C'est un sujet qui est historiquement identifié comme problématique". Il cite l'exemple des "quartiers difficiles" où les enseignants "sont souvent de jeunes enseignants, voire des contractuels parce que les titulaires, dès qu'ils peuvent, partent dans d'autres établissements". Il fait le constat qu'"objectivement, on n'arrive pas aboutir à quelque chose de satisfaisant".

Pour renforcer l'attractivité des établissements dans certains secteurs plus difficiles, le secrétaire général du SNPDEN estime qu'il faudrait "continuer avec une incitation renforcée" comme cela se fait notamment pour la Seine-Saint-Denis. Bruno Bobkiewicz évoque également la question "des suites de carrières" des enseignants. Ils doivent pouvoir se dire : "Quelles contreparties potentielles, dans la deuxième partie de ma carrière, si j'ai effectivement fait l'effort ou fait le choix d'exercer dans une zone un peu complexe ?"

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