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Reprise d'Ascoval : "Je n'en ai rien à cirer des polémiques, tant qu'il y a un espoir, je vais me battre", assure Xavier Bertrand

Le président de la région Hauts-de-France a réagi sur franceinfo après l'annonce par le ministère de l'Économie qu'Altifort, repreneur de l'aciérie de Saint-Saulve, n'avait pas les fonds nécessaires à la reprise de l'entreprise.

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Radio France
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Le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, lors d'une réunion concernant Ascoval, le 31 octobre 2018. (ERIC PIERMONT / AFP)

"Je n'ai pas envie de raccrocher les gants. Cela fait des mois qu'on se bat sur ce dossier", a réagi jeudi 21 février sur franceinfo le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand, après l'annonce qu'Altifort, le repreneur de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), n'avait pas obtenu "les financements externes" nécessaires à la reprise de l'entrepise.

"C'est une part de l'industrie qui a de l'avenir", affirme Xavier Bertrand. Il assure que "six nouveaux gros clients ont signé des contrats fermes pour 60 000 tonnes". Pour le patron de la région Hauts-de-France, partie prenante dans le dossier de reprise, "tant qu'il y a un espoir", il va se "battre pour cet espoir".


franceinfo : Altifort a admis jeudi ne pas disposer des financements nécessaires pour son projet de reprise de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord). C'est un coup dur ?

Xavier Bertrand : C'est un coup dur mais ce n'est pas fini. Mercredi, nous étions en réunion à Bercy, avec le ministre Bruno Le Maire, les représentants des salariés, la direction d'Altifort et celle d'Ascoval. On s'est mis d'accord sur une chose : jusqu'à l'audience, on va tout faire, soit pour trouver un partenaire, soit pour trouver un repreneur à la place d'Altifort. Moi, je n'ai pas envie de raccrocher les gants. Cela fait des mois qu'on se bat sur ce dossier. C'est une part de l'industrie qui a de l'avenir. Depuis qu'on parle de ce dossier de reprise, on a six nouveaux gros clients qui ont signé des contrats fermes pour 60 000 tonnes. On a 18 autres contrats potentiels qui nous amèneraient à 300 000 tonnes d'acier par an, alors que le seuil de rentabilité est à 220 000 tonnes. Vous ne croyez pas que cela vaut la peine de se battre jusqu'au bout ?

Est-ce que pour vous, le ministère laisse tomber ?

Vous croyez que je vais m'amuser à rentrer dans une polémique ? Je n'en ai rien à cirer des polémiques ! La seule chose qui compte, c'est que tant qu'il y a un espoir, je vais me battre pour cet espoir. Je m'en fous de la communication de Bercy ! Il n'y a que l'emploi qui m'intéresse. Il y a un repreneur qui nous dit qu'il a du mal à réunir les fonds. Moi, je cherche si on est capable de trouver des fonds à la place ou de trouver un repreneur à la place.

Bercy annonce que le projet de reprise est compromis.

Moi, je ne suis pas le porte-parole de Bercy, je suis le porte-parole des salariés de l'usine d'Ascoval. Et j'ai bien l'intention de me battre jusqu'au bout. Tant que les salariés ne me diront pas de raccrocher les gants, je ne le ferai pas. Je chercherai des possibilités jusqu'au bout. Altifort a promis devant le tribunal, avec des documents, qu'ils allaient obtenir 25 millions d'euros en obligations. Il s'avère que le fonds espagnol ne leur verse pas l'argent. Ce que nous avons décidé, en lien avec le ministère de l'Economie et la direction actuelle d'Ascoval, c'est de chercher par tous les moyens, soit un partenaire, soit un repreneur. Je sais que le temps court, mais il faut voir qu'on ne part pas d'une feuille blanche. On sait combien l'Etat est prêt à mettre, 25 millions d'euros. Combien la région est prête à mettre ? Douze millions d'euros ? Combien Valenciennes Métropole est prête à mettre ? Dix millions d'euros ? Tout cela sous forme d'avance. On a pris contact avec les repreneurs potentiels qui avaient été découragés. On contacte même les clients en leur disant : est-ce que vous ne pourriez pas devenir plus que client ?

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