La rupture conventionnelle collective est "un plan social au rabais"

La rupture conventionnelle collective est-elle une révolution ou la mise en place d'une vieille revendication patronale ? Le journaliste Etienne Lefebvre et l'économiste Christophe Ramaux en débattent ce mardi 9 janvier dans le Grand Soir 3.

France 3

PSA veut mettre en place la rupture conventionnelle collective en supprimant des emplois pour en créer d'autres. "Tout le monde n'y trouve pas son compte. Ce dispositif est un plan social au rabais. On demande aux salariés de faire ça avec le sourire. C'est une vraie régression par rapport aux plans sociaux", estime Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés.

"Cela peut être un progrès si on aboutit à un accord constructif comme chez PSA. On va supprimer des postes, mais on va en recréer d'autres sur de nouveaux métiers, des nouvelles qualifications parce qu'il y a des besoins d'adaptation des entreprises", avance de son côté Etienne Lefebvre, rédacteur en chef aux Échos.

Les entreprises peuvent désormais "anticiper"

"La régression de la rupture conventionnelle collective par rapport au plan social, c'est le fait qu'il n'y ait plus de motif économique, d'obligation de reclassement ou de priorité de réembauche", insiste le professeur d'économie.

"Avant, les entreprises devaient démontrer des difficultés économiques immédiates et ne pouvaient anticiper les mutations. Maintenant, elles peuvent le faire et il y a des garde-fous : départs volontaires, accord majoritaire des syndicats qui a par exemple bloqué le processus chez Pimkie", se félicité le journaliste, qui concède que le danger de la rupture conventionnelle collective, c'est qu'il y a "un vrai risque que le volet formation et retour vers l'emploi soit négligé".

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Christophe Ramaux et Étienne Lefebvre débattent sur la fonction publique. (FRANCE 3)